Le collectif isérois des parrainages républicains a vécu. Il a laissé place à l'Association de parrainages républicains des demandeurs d'asile et de protection (Apardap) au mois d'avril. Le but, lui, reste le même : apporter soutien et assistance à ceux qui ont dû fuir leur pays.
Ce qui a motivé ce changement ? "Même si nous travaillons avec un certain nombre d'associations, notre spécificité reste les parrainages républicains, explique Jeanine Chêne, coprésidente de la nouvelle structure avec Maritsou Treynard. Qui plus est, la création d'une véritable association nous permettait d'affirmer une certaine autonomie financière". Chaque mardi après-midi, à la Maison des associations de Grenoble, salle 002, l'Apardap tient des permanences pour informer le public et les demandeurs d'asile sur le fonctionnement du parrainage républicain, mais diffuse aussi des informations afin d'obtenir une régularisation de situation sur le sol français pour ceux qui en ont fait la demande. La spécificité de l'Apardap tient sans doute en ce qu'au sein même du conseil d'administration, on trouve des demandeurs d'asile qui participent activement à la vie de la structure. Comme Boulaye Fofana, 32 ans. Un grand Guinéen au regard vif. Sa situation ? "Ma dossier est en cours de traitement, je vis à Grenoble depuis 2006 après être passé par Paris. Ici, la vie est plus facile que dans la capitale et avec l'Apardap, je sais que nous bénéficions d'un vrai soutien. Cette association, c'est notre espoir". Il sourit. Comme souvent lorsqu'il parle avec quelqu'un. Parrainés un 4 juillet... "Comme il ne connaît que trop bien la situation des demandeurs d'asile, son aide nous est précieuse pour mieux soutenir ceux qui viennent nous voir", glisse Jeanine Chêne. Pour Boulaye, tout ne fut pas facile : pour vivre, il a dû fuir son pays et surtout son beau-père. Les moments difficiles ont été nombreux quand il a quitté la Guinée. Mais il s'efforce de rester positif, toujours. S'il obtient enfin le titre de séjour pour lequel il a fait une demande, il voudrait travailler dans la charpente. Ce vendredi, à La Terrasse, Boulaye, Jeanine et les autres participaient à une cérémonie de parrainages républicains. Un des parrains, Jean-Félix, a annoncé tout sourire à l'assistance qu'après de nombreux mois de lutte, son filleul allait enfin obtenir les papiers lui permettant de rester en France. Le public a applaudi. Et derrière Jean-Félix et son filleul, il y avait Boulaye. Il souriait, encore.
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