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| Les bloqueurs toujours en mouvement |
La fin d’année les aura consacrés sous le surnom pas toujours très populaire de bloqueurs. Jusqu’à l’arrivée de l’hiver... et celle des gendarmes dans le hall sud de l’université Stendhal, pour mettre un terme à l’occupation des locaux. Un mois et demi plus tard, le comité de mobilisation étudiante, opposé à la loi Pécresse de modernisation de l’université, est toujours en action. Ce mardi 5, à l’occasion de la Journée du lycéen, ses membres présentaient même le premier exemplaire de leur journal de lutte, baptisé El’bonerG. Un quatre-pages, avec un éditorial et la liste de rendez-vous organisés dans le cadre de l’université populaire. Une initiative née lors des manifestations contre le Contrat première embauche (CPE) et qui est revenue sur le devant de la scène lorsqu’un autre acronyme, LRU (Loi sur la liberté et les responsabilités des universités), a fait son apparition. "Discuter, débattre et s'informer"
"L’université populaire, c’était vraiment quelque chose que l’on voulait conserver. Lorsque la fin du blocage a été voté, c’était une de nos priorités", explique un membre du comité. Depuis le début de l’année, ils sont plusieurs à se réunir chaque semaine pour évoquer leurs différents projets. "On a notamment proposé un cycle de conférences sur les OGM alors que ce sujet était au cœur de l’actualité. On a même participé à la manifestation organisée à Grenoble". Manifs contre les OGM, devant le centre de rétention de Saint-Exupéry, pour soutenir la fonction publique… n’y a-t-il pas un risque à s’éparpiller en se lançant ainsi dans toutes sortes de combats ? "Le comité s’investit dans de multiples mouvements sociaux, revendique un garçon, mais il défend d’abord une vraie volonté des étudiants de discuter, débattre et s’informer. Tout le monde peut venir : lors des débats sur les OGM, on avait invité quelqu’un qui défend ces cultures. Tout le monde peut donner son point de vue". "C’est un rendez-vous citoyen mais bon, on reste à gauche hein…", glisse malicieusement un autre. "On essaie de s’approprier l’université d’une autre façon"
"L’idée n’est pas de remplacer les enseignements proposés dans le cadre des cours mais d’encourager autrement le développement de l’esprit critique. On a plein de projets de débats, de projection de films mais pour trouver des salles, c’est compliqué". Les rendez-vous s’organisent entre Stendhal et Pierre-Mendès-France et, en un sens, ça ressemble à la vie de Candy : un peu d’astuce, voire d’espièglerie. "Pour nos réunions hebdomadaires, on essaie de se débrouiller… et pour les rendez-vous de l’U-pop’, c’est pareil. On a parfois l’aide des profs mais pas trop des administrations universitaires. On a un peu la sensation de déranger. Peut-être parce qu’on essaie de s’approprier l’université d’une autre façon. Nous, notre objectif, il est clair : défendre les structures de solidarité et d’égalité au sein de notre société en proposant de réelles alternatives". Prochain gros rendez-vous: du 3 au 16 mars, lors d’une vaste réflexion sur… l’anticapitalisme.
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