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| Le Drac et son eau mauvaise |
Le Drac n’est pas rancunier pour deux sous qui fournit à Grenoble une eau potable de magnifique qualité pompée dans la nappe phréatique très en amont de l’agglomération.
Bien mal élevée, cette dernière le remercie en… le polluant un maximum. Beaucoup moins, certes, qu’elle ne le faisait avant la décennie 80 (et sa Loi Pêche) mais tout de même quelle inconduite et quelle lenteur à se corriger !
Du lindane (pesticide), du chloroforme, du trichlorobenzène, du toluène… Elles sont ainsi 20 substances particulièrement suivies dans le cadre du Sage (schéma d'aménagement et de gestion des eaux) Drac Romanche. Les eaux du Drac sont de mauvaise qualité. La Frapna le regrette et attire l'attention en prenant garde de rester positive. "Malgré la pollution chronique, une "renaturation" se déroule. Le castor est revenu, des oiseaux migrateurs se sédentarisent, une faune pisicicole est de retour", sourit le président de sa commission Eau.
Ce qui ne l'empêche nullement de réclamer "un travail plus approfondi sur la plateforme chimique et un une meilleure épuration des rejets domestiques tout au long du cours de la rivière".
Au moins est-il aujourd'hui possible de se dire que le travail, encadré par le Sage Drac/romanche, a commencé. Le Sage ? C'est un processus qui a débuté au tournant du siècle par une étude généralisée des rivières et de leurs affluents. Un processus large intégrant l’Etat, les associations d’usagers et/ou citoyenne, les pouvoirs locaux, les industriels a suivi. Il a abouti, voici un an, au vote d'un document fixant les règlès et objectifs à atteindre pour améliorer la qualité des eaux.
20 substances prioritaires
C'est ainsi que le Sage a établi une liste de 20 substances à contrôler, à éliminer pour l'essentiel à l'horizon 2015, date qui est aussi butoir pour l'Europe et les normes qu'elle a édictées.
Lindane, chloroforme, trichlorobenzène, toluène... Soit ces substances sont toxiques et doivent être ramenées aux normes européennes d'ici cette date, soit elles se retrouvent en des concentrations trop élevées sans qu'il soit possible d'en connaître précisément la cause.
Relevons que sauf cas exceptionnel, les rejets des industriels - notamment ceux des plateformes chimiques de Jarrie et Pont-de-Claix) sont aux normes.
Une pollution historique
Alors ? La faute à la "pollution historique", celle que les industriels ne produisent plus mais qui a été mémorisée par la nappe phréatique et qu'elle rend à un rythme... méconnu. D'où, sans doute, ces "bouffées de pollution" que l'Agence de l'Eau met en évidence dans ses relevés.
Il faut aussi ajouter, dans la série "rien n'est simple, tout se complique" que 3 de ces 20 substances n'ont pas d'origine connue aujourd'hui (pentachloroforme, hexachloroforme, acifluorfen). Peut-être le seront-elles demain, lorsque le Sage aura réalisé une étude programmée à cette fin (d'ici un à deux ans).
Une autre étude permettant de voir plus claire dans le fonctionnement et l'état des nappes de l'Isère et du Drac est déjà lancée. L'Etat a chargé le BRGM (Bureau de recherche géologique e tminière) de rassembler les données recueillies sur les points de surveillance des nappes déjà exixtantes. "Nous voulons, ensuite, un suivi plus complet, quitte à créer d'autres points de suveillance", a conclu le Sage Drac/Romanche.
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