Dossier de la semaine
| Les glisses urbaines | ||
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| Sus à l'héliski de l'Alpe d'Huez ! |
La banderole réclame le "Silence !" mais c’est le vent qui, dimanche 30 mars au matin, permet aux militants environnementalistes d’engager, à l’Alpe d’Huez, la discussion à la fois avec le SAF (société d’hélicoptères privée) et les skieurs. Objectif : les convaincre de la nocivité de l’héliski, formule qui donne le plaisir de survoler les montagnes et de descendre les pentes, hors piste et tout schuss bien sûr. Plaidoyer d’un manifestant en forme de rendu de jugement : "Vu l’article L 363-1 du Code de l’Environnement qui interdit les déposes de skieurs par voie aérienne ; vu la prise de position très claire du comité de massif du 30 novembre 2007 qui souligne que les loisirs motorisés sont incompatibles avec le développement durable et la valorisation du patrimoine montagnard. ; vu le fait que l’hélico passe dans la zone périphérique du Parc des Ecrins et que si les remontées mécaniques, au moins, sont silencieuses, ce qui n’est pas le cas de l’hélico... l’héliski n’est pas le bienvenu". La lettre mais pas l'esprit Le SAF a beau jeu de répondre qu’il ne dépose pas de skieurs sur les sommets puisqu’en effet il les récupère dans la vallée pour les remonter et boucler ainsi un circuit commencé en prenant les remontées mécaniques (de la station vers les sommets en remontée mécanique, descente puis remontée vers la station en hélico). La Frapna, Mountain Wilderness, Cipra France et la Fédération des clubs alpins et de montagne (ex-Caf) et la Coordination pour l’adaptation des loisirs motorisés à l’environnement rétorquent : "Détournement sinon de la lettre au moins de l’esprit de la loi". Et demandent que la loi précise que non seulement la dépose mais aussi la reprise des skieurs soit interdite, avec harmonisation à l’échelle de l’Europe, svp. Un loisir cher ! Le SAF est loin d’organiser une noria permanente, faut-il tout de même remarquer. "Il n’y a pas de petites choses en matière environnementale et on peut craindre que cette pratique ne se développe. La clientèle des stations est de plus en plus riche", commentent les écolos. Le passage hélico coûte autour d’une centaine d’euros... Une paille pour les riches, nouveaux ou pas et bon moyen de rentabiliser un appareil qui sert aussi aux secours, disent ses défenseurs. Il reste cependant aux écolos une consolation : l’héliski en Isère n’est guère développé. Il serait même carrément sous-développé au regard de ses grands frères savoyard et haut-savoyard. C’est d’ailleurs plutôt de ce côté-là que se déroulera leur prochaine action.
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