On a l’impression que vous connaissez la plupart des gens qui viennent se faire dédicacer leurs albums…
Oui, on peut dire que j’ai des fidèles ici. En fait, je me suis installé dans la Drôme en 1984, et depuis je viens dédicacer chacun de mes titres ici. Ça doit être le dixième, donc je vois souvent les mêmes têtes, et on a l’occasion de sympathiser. Ça me fait donc très plaisir de revenir à chaque fois.
Vous avez aussi sympathisé avec le maître des lieux, au point de le croquer dans cet album…
Oui, ça fait maintenant un moment qu’on est amis avec Fabrice (Eyraud, directeur du rayon BD du magasin, NDLR). Et j’ai l’habitude, dans chacune de mes bandes dessinées, de croquer un de mes proches. J’aime bien ça, ça m’amuse et en général ça leur fait plaisir, ça leur fait un souvenir. Fabrice, il m’avait demandé plusieurs fois si j’avais pas un petit rôle pour lui. Là, je l’ai appelé, et je lui ait dit : « j’ai un personnage pour toi, mais je te préviens, c’est un méchant. » Il était fou de joie, il a tout de suite dit oui.
Vous avez annoncé que ce tome était le dernier. Pourquoi arrêter ?
J’ai soixante-sept ans. Ça fait maintenant dix ans que je vois tous mes amis prendre leur retraite. Et je dois dire que je les jalouse. J’ai envie de prendre le temps de me faire plaisir. Parce que Buck Danny, ça m’occupe beaucoup. Je veux que mes histoires soient crédibles, à l’inverse de ce que l’on peut voir au cinéma par exemple. Je ne veux pas outrepasser la limite du vraisemblable. Alors, je dois me documenter en permanence sur l’évolution des techniques militaires, sur les lois… C’est très lourd, donc j’ai besoin de repos. Mais ce ne sera pas une retraite totalement inactive…
C’est à dire ?
On m’a proposé de faire un album sur la jeunesse de Buck, et je pense que je vais accepter. C’est plus facile d’écrire sur le passé, on ne doit pas suivre l’évolution des techniques de l’aviation. Il suffit d’étudier l’époque, et après on peut écrire ce qu’on veut, sans avoir peur que l’histoire ne soit caduque une fois l’album paru. Alors je vais pouvoir prendre mon temps. Je mettrai sûrement trois ans, par ce j’écrirai comme si c’était un hobby. Vous savez, j’ai un avion, et je ne m’en sers quasiment jamais. Maintenant, je vais pouvoir me faire plaisir avec.
Buck Danny, tome 52, Porté Disparu par Francis Bergèse chez Dupuis. En librairie 9,20 euros.
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