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| Manif' du 15 mai : matinée et après-midi musclés en centre-ville |
![]() Devant la préfecture entre deux tirs... Folle matinée, jeudi 15 mai dans le centre de Grenoble, avec manif’ au pas de charge de près de 3000 lycéens, beaucoup des bahuts de l'agglomération, un peu de Voiron, très peu d’ailleurs. Après-midi difficile, toujours dans le centre-ville avec la manifestion de la fonction publique, rejointe par des lycéens, qui a vu plus de 10 000 manifestants et des échauffourées.
Avec un peloton de gendarmerie, les policiers de la brigade d'intervention de la voie publique (en civil), ceux de la Bac (brigade anti-criminalité/brassard orange), ceux de la section d’intervention du corps urbain et le directeur de la Sécurité publique en personne expliquant notamment aux jeunes les fondamentaux d’une manif’ réussie. Avec des jets de bouteilles, fruits divers et fusées dans le sens manifestants/forces de l’ordre. Avec des charges des forces de l’ordre, à grand renfort de grenades lacrymo dans un centre-ville qui n'en finit plus d'apprendre à pleurer et cracher. Avec 6 interpellations sur la manif’ (bilan à 19 h 30/source police). A ce bilan s’ajoutent 3 interpellations le matin devant le lycée Champollion pour un affrontement durant lequel, selon la police, un jeune qui voulait entrer a eu le nez cassé. Pour la manif' de l'après-midi appelée par les syndicats présents dans la fonction publique et rejointe par des lycéens, le bilan est de 3 interpellations après un face-à-face tendu dans l'hyper-centre (cliquez ici). Tous ces interpellés étaient en garde-à-vue jeudi à 19 h 30. Il leur était reproché une "participation à un attroupement armé après sommation et jet de projectiles sur les forces de l'ordre". Une dizaine de blessés légers ont été recensés dans la journée, dont 7 manifestants. Il a été impossible, dans la soirée de jeudi, de vérifier l'information selon laquelle un manifestant aurait été blessé plus sérieusement à la main.
La manif' du matin
Il est 10 heures et ils sont près de 3 000 avenue Alsace-Lorraine. Où vont-ils si vite ? "On fait un tour dans la ville. Ils nous ont refusé le parcours. Alors, on fait folklo dans le centre". En passant par les Grands Boulevards, en bon ordre. Il est 11 heures devant le lycée Stendhal et une bonne partie du cortège en a marre de la divagation à grande vitesse. Le préfecture est si proche... "Là, on y va". Ils vont place de Verdun où ils retrouvent les forces de l’ordre en tenue. "On veut aller au rectorat". Ils ne vont pas au rectorat puisque, une fois de plus, un cordon d’hommes bleu foncé et casqués barre le chemin. Jets de bouteilles contre eux... Réplique à la lacrymo... Entre les tirs, bouts de dialogue entre des manifestants et le directeur de la sécurité publique. Pas interdite mais pas déclarée ! "La manifestation n’est pas déclarée. Nous la laissons se dérouler et le préfet, représentant de l’Etat, entend vos préoccupations. Dès l’instant où nous recevons des projectiles, cela devient un atroupement armé", dit le directeur qui prend la peine de dispenser quelques conseils : "Plus de banderoles pour que tout le monde voit vos préoccupations. Des slogans ! Je n’ai rien entendu. Il y en a qui n’ont qu’un objectif : taper sur les flics". "Arrêtez de lancer des bouteilles", crient les premiers à ceux qui, de l’arrière, lancent des bouteilles. "Sarko, si tu savais, ta réforme, ta réforme. Sarko, si tu savais, ta réforme où on se la met... Non, non, non aux suppressions... Oui, oui, oui à notre éducation", scandent (un peu) ceux qui sont au front. Ensuite ? "Nous voulons aller au rectorat". Ils lui ont apporté des fleurs "Chaque fois que vous allez au rectorat, il y a des dégradations", dit le directeur pendant que les manifestants lui glissent les fleurs des massifs de la place dans la poche du complet veston et lui tendent un bouquet, cueilli au même endroit. "Mais là, nous sommes encerclés", souffle un manifestant. "Non, vous pouvez partir par la rue Lesdiguières", indique fort obligeamment le directeur. Peine perdue. Il est 12 h 37 et c’est maintenant au pas de course que les (environ) 400 manifestants qui restent refluent vers la rue Lesdiguières. Des lacrymos à chaque intersection. Des manifestants barrent l’avenue Agutte-Sembat en utilisant du matériel de chantier ; enfoncent la porte du lycée Champollion en passant ; courent et... se dispersent au fur et à mesure que les forces de l’ordre accentuent la pression et manoeuvrent... Il est 13 h 30, presque l’heure de la manif’ de l’après-midi, celle avec les syndicats d’adultes. Une partie des lycéens les ont rejoints. ![]() Quelques fleurs au directeur.
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