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| Manifestation lycéenne dans un climat tendu |
Les lycéens étaient moins nombreux ce mardi dans les rues de Grenoble. Mais ils semblent s’être radicalisés...
A 10 h, les lycéens sont plutôt désordonnés, les chants épars, il n’y a pas de voiture sono. A l’approche de Champollion, les cris sont plus forts, le lycée est bloqué : "Je ne sais pas trop pourquoi je manifeste. Dans mon lycée un seul poste est menacé mais bon...il y a blocage de toute façon", explique Théo.
Mais d’autres établissements sont plus menacés et les élèves le savent : "Six postes sont en danger dans notre lycée alors il faut continuer à manifester. On va juste éviter le blocage à cause du bac à venir, certains ont besoin de travailler. Alors on bloquera juste le 15 et le 22 mai", explique un lycéen de Pierre-Béghin.
L’ambiance est bon enfant : un sitting est organisé rue Félix-Poulat à 10 h 45 même s’il ne tiendra que quelques minutes. Un père est même venu soutenir sa fille scolarisée à Stendhal : "Je la soutiens parce que j’ai été lycéen et puis je suis avant tout parent d’élève et citoyen. Même si le gouvernement refuse de nous écouter, on lui montre qu’on n’est pas des moutons et qu’on crie notre mécontentement. Ça me rappelle quand j’étais jeune et beau en 1968...", raconte Delphin.
On se rend compte que les lycéens n’ont pas besoin de syndicat ou de voiture sono pour s’organiser. Ils semblent avoir un même but : avancer jusqu’au rectorat. Mais l’accès a été bouclé par les forces de l’ordre. Les deux camps se font face et on assiste rapidement à quelques provocations : "Hé monsieur! vous avez rien pour vous protéger entre les jambes ?", s’exclament trois lycéennes.
Il est 11 h 15 et commencent à fuser pommes, cailloux, canettes et même bouteilles en verre. Les forces de l’ordre tirent trois sommations, les lycéens s’éparpillent.
Mais ils se regroupent aussi vite aux abords de la préfecture prêts à s’engouffrer dans les rues Lesdiguières, et Liberté. L’air est étouffant, pique les yeux mais les manifestants reviennent encore et toujours. Ils essaient de former des barricades mais essuyent une pluie de lacrymos.
Les lycéens se dispersent mais deux arrestations musclées les excitent : on retourne occuper la pelouse. Un passant les interpelle : "Vous n’en avez pas marre?" "Il faut qu’on parle de nous à la télé! Il y a des manifs toutes les semaines et on ne dit rien", rétorque un lycéen.
Alors on pleure, on rougit mais on reste. Certains se regroupent en "tortue", les uns serrés aux autres et avancent encore, en poussant un représentant des forces de l’ordre. Derniers tirs de lacrymos avant le repli sur la place de Verdun. Puis, plus rien.
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A l’approche de la préfecture, les rangs se resserrent, les lycéens paraissent moins désordonnés. "Ils savent très bien mener leur mouvement et même si on est venu les soutenir, il n’y aura pas de récupération par les étudiants", affirment Romain et Marie-Charlotte, deux représentants Unef. 



















