Véga-France, société liée grand groupe, se positionne sur l’équipement qui ouvrira en 2010 à Bouchayer-Viallet. En face, les Grenoblois font valoir la qualité de leur projet.
Il fallait une salle moyenne. Plus petite que le Summum, mais plus grande que L’Entrepôt, à l’époque la référence café-concert, fermé depuis 2003. Il fallait un véritable outil de soutien à la scène locale, sous toutes ses formes. De tables rondes en groupes de réflexion, les associations et les différents intervenants culturels ont donc porté le projet sur le terrain politique. Et la mairie a dit oui. Depuis 2006, on sait donc que la salle longtemps dite de mille places, en fera au maximum 800, et ouvrira ses portes en 2010 sur le site Bouchayer-Viallet, à côté du Magasin. Vega, Vert-Marine La délégation de service public (DSP), le mode de gestion choisi, fait l’objet d’un appel d’offres -c’est normal- auquel chacun peut répondre. Et surprise, la DSP a attiré de gros poissons: Vert-Marine, professionnel de la gestion déléguée d’équipements sports et loisirs, qui n’a donc pas la culture dans le sang. Et surtout Vega-France, société spécialisée dans la gestion d’équipements culturels lourds (lire ci-dessous). Ceux-là ont les reins solides. “Des gens de dossiers”, explique un connaisseur du projet. Vega, notamment, a laissé des souvenirs à plusieurs directeurs de salles de musiques actuelles, partout en France, qui décrivent “une filiale d’Universal intéressée par la gestion commerciale des salles”. A la Ville de Grenoble, Jérôme Safar, l’adjoint à la Culture, confirme les “liens clairs” de la société avec Universal. Mais Emmanuel de Lannurien, son PDG, s’en défend: “Vega n’est pas une filiale d’Universal. Nous sommes une société totalement indépendante appartenant à ses dirigeants depuis 2001”, écrit-il dans un courriel à grenews.com Le PMI, MixLab Ne pouvant rivaliser avec de telles garanties financières, les candidats grenoblois, à l’origine de la salle, jouent la carte du qualitatif pour ne pas se faire dépouiller de leur bébé. Le Pôle musical d’innovation (fédération grenobloise regroupant Rocktambule, Dynamusic, Hadra, Apha’Zik, le Mark XIII, Le Périscope et l’agence Delalune) fait ce qu’il sait faire en organisant d’ores et déjà, d’ici avril, une dizaine de concerts “pour montrer que nous sommes déjà dans la réalité d’une programmation”. Même attitude chez MixLab, qui propose une soirée en mars à MC2, “pour faire connaître le projet et l’équipe”, explique Alban Sauce, le président de la structure. L’agence Orama Un dossier a été déposé par l’agence Orama, qui œuvre dans l’ingénierie culturelle et dans l’accompagnement de projets culturels. Henri Didonna, le directeur, a laissé un bon souvenir là où il est passé, notamment à la Cave à Musique de Mâcon. “Quelqu’un qui a su créer une dynamique pour les musiques actuelles, qui utilise les nouvelles technologies et les nouveaux médias, qui sait travailler avec les partenaires institutionnels, et faire valoir un projet local au niveau national”, décrit son successeur, Didier Goiffon. Le principal défaut d’Orama est peut-être de ne pas être grenoblois. Et Projet Bob Projet Bob, qui gère aujourd’hui la salle La Bobine à Grenoble, a également déposé une candidature. “Pour se retourner au cas où le projet du bowling tomberait à l’eau”, mais “ça avance très bien, donc a priori ça n’ira pas plus loin” précise cependant le directeur Eric Ghenassia. La Bobine, qui doit déménager (le propriétaire des lieux veut récupérer les locaux), devrait signer un nouveau bail sous peu, avec la Mairie, pour récupérer l’ancien bowling, boulevard Clemenceau. Côté subventions, “on attend encore un engagement ferme du Département et de la Région, qui avaient donné leur accord de principe”. Les travaux devraient cependant commencer cet été. Une incertitude demeure quant à l’obtention d’une Licence IV. Le gagnant devrait être choisi par le conseil municipal fin 2008. Mais qui est Vega? Vega n’est pas un petit joueur. Il n’y a qu’à voir le CV: la société, basée à Paris, gère les Zénith de Nancy, Dijon, Limoges et Strasbourg, le plus grand de France avec 10000 places. Elle exploite les salles Antarès au Mans et les Trinitaires à Metz, le Stadium et la patinoire de Bordeaux. Entre autres. En visant Grenoble, Vega cherche à renforcer sa présence dans le sud-est de la France, jusqu’ici un peu faiblarde. Après avoir mis la main sur Le Phare à Chambéry (ouverture en 2009, 6000 places), la capitale des Alpes était l’étape suivante. La candidature de Vega sur un équipement aussi petit que la salle de musiques actuelles (800 places max) laisse pourtant perplexe. A la Fédurok (Nantes), on explique: “Pour eux il peut s’agir d’une stratégie globale. Si la rentabilité n’est pas évidente au niveau local, elle peut l’être au niveau national. Via Vega, Universal maîtrise toute la chaîne: en amont les artistes, en aval les lieux des tournées”. C’est peut-être, aussi, une manière pour Vega de prendre la température du bain grenoblois au moment où les candidats Michel Destot et Fabien de Sans Nicolas proposent la création d'un Zénith d’agglomération…
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