Dossier de la semaine
| Gare à toi, père Noël ! | ||
| Des cadeaux, conscience tranquille et portefeuille épargné Question “juste prix”, les produits du commerce équitable sont imbattables. Il... | Les autres articles du dossier | |
| Affair's (témoignage): "Une seconde de plus, j'étais mort" |
"J’avais rien à faire là. C’était juste pour tuer le temps. Ma voiture, au garage à côté, n’était pas prête. Elle était à la vidange. Je suis rentré et puis je fais une dizaine de pas à l’intérieur et quelque chose m’arrête : un bruit de pierre. Un "boom" comme une pierre qui serait tombée sur le toit, comme un gros livre qui serait tombé d’une étagère. Là, tout le monde regarde vers le haut, puis se regarde. Après, on regarde du côté des responsables du magasin qui, visiblement, ne comprennent pas non plus. Pour moi, la vie reprend. Il se passe 5 secondes et... "boom", une seconde fois. Quelque chose n’est pas normal. Il m’est venu en tête qu’il pleuvait beaucoup. J’avais pensé, dans l’après-midi, en voyant la pluie, aux coulées de boue qui se produisent dans la région. Au second bruit, je fais demi-tour et, le temps que je fasse cela, un bruit innomable. C’est un brouhaha, cela résonne. Tu as juste le temps de voir cela et de fuir en courant. Je cours vers la première sortie, tout près, à 4 mètres. Je crois être le seul à être passé par la sortie normale du magasin. L'autre issue était l'arrière du magasin. En courant, je sens le souffle de l'effondrement. En courant je me retourne et je vois... c’était une femme mais j’ai cru que c’était un homme. La personne se faisait ensevelir. Elle levait les bras. C’est bizarre, j’ai eu une sensation métallique dans la bouche. Est-ce le goût du stress ? Cela fait peur. Tu te dis qu’il se passe quelque chose de très grave... Dehors, je m’arrête quelques secondes. Je vois le torrent d’eau qui tombe du toit. J’essaie d’appeler les secours en me disant que quelqu’un va le faire mais par précaution j’essaie d’appeler quelqu’un. J’ai pas su comment appeler. c’est ridicule, je le sais, il faut faire le 112. Je n'ai pas su appuyer sur les bonnes touches ! J’ai couru vers Norauto et j’ai dit : "Appelez les secours. Le magasin d’à-côté s’est effondré. C'est horrible". Ils n’ont pas compris tout de suite. Puis ils ont regardé. Je suis reparti et là, il y avait déjà des jeunes du quartier qui commençaient à déblayer. Il y avait les cris de douleur, la pluie battante. Les gens paniquaient mais malgré tout, il y avait beaucoup de gens, beaucoup de jeunes qui essayaient de déblayer. C'était émouvant. C’est vrai qu’à côté de cela, il y avait des gens plantés là qui ne faisaient pas un geste. Mais moi-même je ne savais pas comment aider. Aujourd’hui je me dis : "Une seconde de plus, j’étais mort".
|
| < Précédent | Suivant > |
|---|


Laurent Blanchard a pu s'enfuir, samedi, du 











