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| Interpellation d'une sans-papiers : relâché, l'étudiant raconte |
Il est étudiant à l'université de Grenoble, a 21 ans et est membre du RUSF. Octave (le prénom a été changé) était jeudi soir dans un tramway de la ligne A lorsqu'un contrôle des titres de transport est intervenu au niveau de l'arrêt Verdun. Accompagné d'un collègue, lui aussi membre de RUSF, il a vu des agents de la Tag contrôler, "en présence de policiers", une jeune femme d'origine africaine qui n'avait ni titre de transport ni papiers d'identité. Le groupe et la jeune femme descendent à l'arrêt suivant, Hubert-Dubedout/Maison du Tourisme. Interpellé pour port d'arme Octave et son collègue décident de descendre à leur tour, pour voir ce qui se passe. "Les agents ont demandé à la jeune femme si elle avait un titre de séjour, je suis resté là pour observer ce qui se passait. En tant que membres de RUSF, nous devons apporter notre soutien aux sans-papiers et les accompagner pour tout ce qui est information, mais aussi démarches administratives et judiciaires". Là, les policiers leur ont demandé de partir. "Nous devions retrouver des amis, nous leur avons demandé de nous rejoindre". Non loin de l'arrêt de tramway, un attroupement a pris forme. Il y a eu de l'agitation. Les forces de l'ordre ont alors procédé au contrôle d'identité d'Octave et de son collègue. "C'est de cette façon qu'ils ont découvert que j'avais sur moi un canif", explique Octave. Il a été interpellé pour port d'arme de sixième catégorie et conduit à l'hôtel de police... en compagnie de la jeune femme contrôlée dans le tramway. "Dans le camion, elle m'a expliqué qu'elle venait de Paris, et ne faisait que passer à Grenoble". Selon les forces de police, il s'agit d'une femme originaire du Sierra Leone, âgée de 27 ans. "J'en ressors psychologiquement affaibli" Arrivé dans le bâtiment situé avenue Maréchal-Leclerc, Octave a été invité à se soumettre au fichage ADN. "Je n'ai pas donné de réponse tout de suite et j'ai finalement été placé en garde à vue". Aux portes du bâtiment, des militants de RUSF, des étudiants et des sympathisants se sont rassemblés en signe de protestation : ils étaient une cinquantaine. "Si nous sommes intervenus, c'est aussi parce que les contrôles des agents Tag accompagnés d'agents de police sont de plus en plus fréquents pour interpeller des sans-papiers", affirme celui qui accompagnait Octave. Ce dernier a finalement consenti à donner son ADN. Il a été libéré à la mi-journée, non sans confier qu'il se sentait "psychologiquement affaibli". La jeune femme sans-papiers a, elle, quitté Grenoble. Elle a rejoint le Centre de rétention administrative de Nîmes. Elle devrait rester là-bas jusqu’à sa reconduite à la frontière.
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Le jeune homme qui est intervenu lors de l'interpellation d'une femme sans-papiers jeudi soir a été libéré hier à la mi-journée. Membre du Réseau universitaire sans frontières (RUSF), il revient sur cette soirée qui aura entraîné, dans la nuit, la mobilisation d'une cinquantaine de personnes devant l'hôtel de police.











