| Ecrit par Agnès Gosa, le 21-04-2008 16:32 |
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Michel Morin, préfet de l'Isère, se défend de “faire une politique du chiffre”. D’ailleurs, il n’en donne presque pas...
Quelle est la part de l’Isère dans l’objectif national de reconduites à la frontière des sans-papiers ? Michel Morin : “Je ne répondrai pas à cette question pour ne pas alimenter une campagne sur le thème “Ils font du chiffre et ne s’occupent pas des hommes”. Ecoutez, il y a entre 2 et 4 ans, il y avait déjà des objectifs et, en octobre, je n’étais pas dans les clous. Cela ne m’a pas empêché de régulariser des personnes. J’ai, comme tous les préfets, un droit arbitraire de dire oui. Le ministre a été clair : appliquer la loi, faire preuve d’humanité et de discernement. Je ne fais pas une politique du chiffre. J’applique la loi votée par un parlement dans un pays dont le gouvernement est nommé par un président élu au suffrage universel”.
Les associations de défense des sans-papiers dénoncent une intensification des contrôles et des arrestations. La loi n’était-elle pas appliquée avant ?
“Elle l’était moins. On l’applique plus depuis 2002”. Comment la police trouve-t-elle les sans-papiers ? “Les contrôles se font sur réquisition du Parquet dans le cadre des contrôles d’identité, routier ou portant sur le travail illégal. Il se font également sur flagrant délit d’infraction”. Comment s’organise le travail avec les structures scolaires ou sociales ? “Les contacts ont lieu uniquement pour la vérification des informations transmises par les sans-papiers eux-mêmes. Les services de l’Etat travaillent en collaboration sur le sujet plus global des étrangers en situation irrégulière. Par ailleurs, policiers et gendarmes ont reçu une formation sur les procédures afin d’éviter des annulations par la justice sur des questions de forme”. Lire l'article Les associations tirent la sonnette d'alarme LES MOTS DURS QUI BLESSENT “Traque” et “rafle”, disent des militants s’opposant aux arrestations et reconduites aux frontières. Les mots résonnent au plus profond de l’histoire du pays. Comment le préfet de l'Isère vit-il cela ? “Très mal. Je suis le représentant local d’un Etat démocratique. Je suis aussi le fils d’un grand résistant. Je porterai plainte contre les prochains qui m’insulteront ainsi. Il existe des associations qui, classiquement, s’occupent des droits des étrangers et dont les membres agissent par générosité. D’autres se fichent des étrangers comme de leur première chemise et sont sur le terrain de l’opposition politique”.
RECONDUITES Combien de reconduites effectives aux frontières ? “Infinitésimale par rapport au nombre des cartes de séjours accordées”, dit le préfet de l'Isère. Le nombre de cartes de séjour accordées en 2007 ? 17 447, dont 35 % de nouvelles. ARRESTATIONS “5 ou 6 par jour”, estime Marie-Thérèse Lloret (collectif de soutien aux réfugiés politiques algériens). Ou 5 ou 6 par semaine ? “Cela dépend des semaines”, élude le préfet. MARCHES... Les contrôles systématisés s’intensifiant sur les lieux supposés être fréquentés par les étrangers ? “Sur les marchés, c’est une folie depuis le début de l’année. Saint-Bruno régulièrement en fin de semaine; La Butte à Echirolles le samedi de Pâques, Fontaine début avril... Chaque fois, ils prennent du monde”, explique Marie-Thérèse Lloret. Le préfet ne dit rien. Officiellement, c’est le Parquet qui sait cela, pas lui. ... ET PMU
“Il y a un mois, 3 personnes, à ma connaissance, ont été arrêtées dans des PMU dans l’agglo”, indique encore Marie-Thérèse Lloret qui conclut : “Cela devient une parano. Des gens ne sortent plus pendant des jours et des jours”.
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