Depuis janvier, une centaine de machines du réseau Tag a été abîmée ou carrément mise hors service. Le coupable-verseur d’acide court toujours. La note s’élève déjà à 150 000 euros. 
L’histoire plairait, c’est certain, aux amateurs de polars: un gars (ou une fille), la nuit tombée, se balade sur le réseau de tramway et bousille toutes les machines servant à composter les tickets. Titre tout trouvé: “Le serial killer des valideurs”. Plus d’une centaine de “victimes” depuis janvier et le coupable court toujours. Le problème, c’est que l’histoire est vraie et qu’elle est prise très au sérieux par la Sémitag (société de transports de l’agglo). “Celui qui fait cela déverse dans les machines un produit qui, d’après les premières informations, semble être de l’acide pur. Nous sommes très inquiets car c’est extrêmement dangereux, voilà pourquoi on nettoie le produit le plus vite possible. Imaginez qu’un gamin passe, touche l’acide pas encore sec puis se frotte les yeux, eh bien il pourrait devenir aveugle. Ce qui veut dire que l’inconscient qui fait ça, le jour où on l’attrapera, il ira direct en correctionnelle, pour mise en danger de la vie d’autrui”, lance, colère, le président de la Tag Jacques Chiron. Et puis, évidemment, il aura à répondre de “dégradation”. Car l’histoire des valideurs, c’est un coût et pas le genre “broutille”. “D’après nos estimations, il y en a pour 100 000 euros de dégâts”. Sans compter les 50 000 et quelques euros “de non-recette puisque les gens, quand les machines ne marchent pas, ne valident pas”. Les contrôleurs, nous dit-on, sont au courant et donc “à l’écoute”. La dernière vague de dégradations a eu lieu il y a une dizaine de jours. Toujours sur la ligne B et une partie de la ligne A, d’où les machines en rade et les auto-collants “hors-service” dessus, “le temps que les pièces commandées arrivent”. “La police enquête”, dit Jacques Chiron qui a “le sentiment que ça part du campus”. “Le souci, c’est qu’on n’a vraiment aucune parade car il n’y a rien de plus facile que de mettre du liquide dans une fente”. Des caméras ? “Je suis contre. Si on commence à mettre de caméras partout, même dans les valideurs, dans quel monde allons-nous vivre ?”
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