Pour la troisième fois en trois ans, un squat s'est ouvert avenue de Vizille. Le Sunset, dernier en date, n'aura pas fait long feu. (Photo Jean-Louis Marzocca)
16 heures, jeudi 2 octobre : les forces de l'ordre interviennent au croisement de la rue Nicolas-Chorier et de l'avenue de Vizille, numéro 21 (voir notre vidéo en cliquant ici). Les passants qui s'arrêtent là, riverains, voisins, ou encore les gens prévenus par téléphone pour constater et protester, assistent à un surprenant spectacle. Sur le toit de la petite maison occupée, une petite dizaine de squatteurs se sont assis. Ils espèrent ralentir l'expulsion. Un témoin raconte: les forces de l'ordre les "ont tirés du toit par les pieds, avant l'intervention des pompiers". Les squatteurs sont ensuite rassemblés dans la petite cour attenante au squat. Avant 17 heures, ils sont fermement emmenés en fourgon. 12 interpellations, sous les cris. Autour de la maison, la situation est électrique. Entre chants libertaires, slogans antipoliciers et appels à la paix. Les policiers renvoient de force les manifestants 50 mètres plus loin, moyennant chiens et matraques. Chaud. L'intervention soulève quelques questions. Sa rapidité, notamment. "Nous sommes dans une procédure de flagrant délit. Des dégradations ont été constatées par huissier. Après la plainte de la mairie, propriétaire des lieux, nous avions 48 heures pour intervenir", explique le commissaire Rebouillat, présent lors de l'opération. "Faux", répond une proche des interpellés. "L'huissier venu hier a constaté une occupation mais aucune dégradation, si ce n'est celles qui dataient de la précédente expulsion. Cette expulsion est illégale". Et de préciser que le délai d'intervention pour le flagrant délit serait dépassé: " La maison a été ouverte dimanche. Aucun huissier n'est venu dans les 48 heures qui ont suivi. En revanche, une demande de convention a été envoyée à quatre élus locaux, par e-mail et courrier." Une lettre que nous avons reçue, dans laquelle les squatteurs dénoncent, entre autres, le nombre de logements vides. Mise en cause, la mairie répond: " Nous avons été informés hier matin de l'ouverture des locaux. Donc nous sommes dans le délai légal d'intervention. Pour l'heure (jeudi 2, 18 h , NDLR), nous n'avons reçu aucune demande de convention." La mairie explique avoir des plans pour ce bâtiment. "Nous avons un projet concret. Nous réfléchissons au relogement temporaire d'une association grenobloise dont les locaux doivent faire l'objet de travaux lourds." Des rumeurs, dans la rue ou sur internet, parlent du Brise-Glace, squat légal en fin de convention.
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