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| "Qu'ils fassent un vrai travail d'opposition" |
Une journée de grève, deux, trois... et l'appel à la grève de mardi 10 juin dans la fonction publique a été, à Grenoble, en Isère comme partout, peu suivie. Mais active pour beaucoup. 600 manifestants à Grenoble et parmi eux, les grévistes de la Direction du Travail. Une délégation issue de ces rangs ont profité de l'après-midi pour faire le tour des députés PS (puisqu'ils le sont tous dans l'agglo) et leur demander "de faire un vrai travail d'opposition" lors de la prochaine discussion du projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique. Pendant ce temps, les non-grévistes de la Direction du travail du siège grenoblois signaient une lettre-pétition initiée par le SNU (FSU), la CGT et Sud, qui sera envoyée à tous les parlementaires, étant entendu que les fonctionnaires de Vienne et Bourgoin sont actuellement (semaine du 9 au 13 juin) sollicités par leurs collègues pour faire de même. Des amendements et même de l'obstruction Les attachés parlementaires de Didier Migaud, Michel Issindou, Geneviève Fioraso et André Vallini (les autres devraient être vus dans les jours à venir) ont donc reçu une délégation qui leur a demandé "une bataille d'amendements et même d'obstruction", leur suggérant, pourquoi pas... la lecture à la tribune de tout le statut de la fonction publique. N'est-ce pas un peu étrange de demander à l'opposition de "faire un vrai travail d'opposition" ? "Nous estimons que le PS, par exemple sur la loi sur la modernisation du contrat de travail, ne l'a pas fait", lance Pierre Mériaux (SNU) avant de réclamer "un vrai relais politique". Fondation du service public à la française Un vrai relais pour défendre quoi ? "On met à bas la sécurité de l'emploi qui est la fondation du service public à la française et ses valeurs : priorité à l'intérêt général, neutralité, qualité du service, gratuité", est-il défendu. Suppression de postes et précarisation des emplois sous le chapeau général d'une réorganisation des services... "Prenons l'exemple du renseignement téléphonique sur le droit du travail, un service très sollicité. Techniquement, on peu parfaitement régionaliser cette plateforme. Mais la connaissance du terrain que permet la proximité et les interactions entre ce service et les autres sera perdu", est-il argumenté. Pierre Mériaux enchaîne : "Cette régionalisation, une échelle permettant à un call center de rentabiliser son activité, ouvre la porte à une externalisation du service Vous voulez que nous parlions du 3939 qui a remplacé les centres interministériels de renseignements administratifs ? Nous avons chaque jour les gens qui ont appelé ce 3939 et qui ont été mal renseignés. C'est une horreur !" Et maintenant ? La lettre-pétition aux députés se ternmine par un explicite : "Nous espérons que vous utiliserez tous les moyens pour rejeter les articles de ce projet de loi destructeur de la fonction publique et vous remercions de nous transmettre les amendements déposés à cet effet". Non mais !
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