Dossier de la semaine
| Attention: voilà les givrés ! | ||
| Les Jeux de neige pour faire venir les Jeux tout court Du 4 au 6 décembre, le parc Paul-Mistral se prend pour une station de ski.... | Les autres articles du dossier | |
| JO de 2018: ça y est, c'est (vraiment) parti |
Allez, on ne va pas vous refaire le match, l'intégrale de deux heures et quelques d'interventions. Déjà, parce que ce serait répétitif. Ensuite, parce que tout ça, vous l'avez peut-être vu à la télé. Et puis vous le lirez ce mardi matin dans votre journal préféré, et l'entendrez, et l'entendrez encore, ici ou ailleurs. Car les JO, à Grenoble, c'est sûr, on n'a pas fini d'en causer. ![]() Photos Henri Porchier Lundi soir, c'était conseil municipal extraordinaire. 1/ Parce qu'il n'avait qu'un seul point à son ordre du jour. 2/ Parce qu'il y avait beaucoup plus de journalistes que d'habitude (message aux confrères: venez aussi les autres fois, vous verrez, c'est sympa). 3/ Parce que les élus avaient traversé le parc Paul-Mistral, laissant le confort des fauteuils de la mairie pour le cadre sportif de la Halle Clemenceau, qui a été, comme un symbole, un site des JO de 1968. 4/ Parce que les mêmes élus ne se sont pas engueulés et qu'ils étaient tous bien sages, bien concentrés. On peut aussi rajouter un 5/ Parce que cette fois, ça y est, pour de vrai: Grenoble est candidate à l'organisation des JO de 2018. Ce n'est pas un scoop ni une surprise, puisqu'on en parle depuis des années. Mais là, c'est écrit, c'est voté. Candidate, donc. Candidate à la candidature française, dans un premier temps, comme Annecy et Nice. En attendant peut-être mieux: affronter Munich et les autres en finale internationale. Mais ils sont où, les opposants ? Candidate par 53 voix pour, celles d'un peu tout le monde (PS, PC, Go, MoDem, UMP...) et six contre, celles des écologistes tout seuls, comme attendu. Ce qui était moins attendu, c'est que les Verts/Ades et compagnie seraient aussi seuls, ce lundi soir, dans la salle. La Halle Clemenceau est capable d'accueillir 2000 et quelques personnes (les vieux supporters des Brûleurs de loups s'en souviennent). A l'extérieur, il y a bien eu quelques pétitions anti-JO à signer. A l'intérieur, il y a bien eu, aussi, une banderole déployée. Et quelques "Fumisterie" par-ci. Et quelques "Bouh", par là.
"Les Jeux, c'est une ferveur populaire qui ne s'est jamais démentie. 75% des Grenoblois sont favorables à cette candidature", n'a pas manqué de rappeler le maire de Grenoble, Michel Destot, avant d'énumérer les avantages que Grenoble pourrait, selon lui, retirer des Jeux de 2018, en matière de logement, en matière de "désenclavement ferroviaire avec un vrai TGV entre l'aéroport de Lyon et Grenoble". "C'est une formidable opportunité, de gagner 5, 10, 20 ans. Comment refuser une telle chance ?" "Nous avons tous les atouts pour gagner", a poursuivi son adjoint Stéphane Siebert, premier soliste d'un concert d'enthousiame qui n'est jamais retombé, de gauche à droite en passant par le centre, les partenaires, le sportif Smétanine, le président de la CCI Dumolard, et même Pierre de Coubertin, Saint-Exupéry, Pierre Lecomte, appelés à la rescousse des fins de phrases, via quelques citations. "Grenoble est l'olympisme" Tourisme, solidarité, transports, logement... "les Jeux, c'est l'occasion de construire un futur prometteur", a dit Abderrhamane Djellal (PS), qui lui, a pris des accents à la Martin Luther King. "Grenoble est l'olympisme. Grenoble a plus que jamais besoin de l'olympisme", a martelé Philippe de Longevialle. Et tous ont dit pareil, même si certains ont lancé qu'ils veilleraient à ce que les coûts soient maîtrisés. Et puis, les écologistes se sont avancés jusqu'aux micros. Pour dire ce qu'ils disent depuis des semaines, répétant leurs inquiétudes quant aux dérives financières et à l'impact sur l'environnement, dénonçant, dans un clin d'oeil aux Jeux de neige de décembre, "cette candidature de la neige et du béton", et même la forme de ce conseil extraordinaire... Que Gwendoline Delbos-Corfield se rassure: le 20 octobre, retour à l'ordinaire, au conseil municipal en mairie, avec pas grand-monde dans le public, presque personne sur les bancs de la presse. A moins que ce ne soit, déjà, le débat d'orientation budgétaire. Chouette ! ------------------ Les petites phrases de la soirée ---------------------------- David Smetanine, multi-médaillé aux Jeux de Pékin (natation), levant l'une de ses médailles d'or: "Je souhaite que d'autres athlètes puissent faire ce même geste en 2018, ici, à Grenoble". Gilles Dumolard, président de la Chambre de commerce et d'industrie: "C'est ensemble que nous gagnerons. Cette candidature devrait être votée à l'unanimité... ou presque". Stéphane Siebert, adjoint en charge des Jeux olympiques et du développement durable: "Il restera toujours plus facile d'ériger un hôtel qu'une montagne". Pascale Modelski (société civile, opposition): "Dans un tel projet, chacun ne peut que se retrouver sur des valeurs communes ignorant les clivages politiques subalternes et les postures vouées souvent à une action dérisoire". Gwendoline Delbos-Corfield (Verts/Ades/Alternatifs, minorité): "Faut-il attendre dix ans pour faire la fête et réunir les Grenoblois, à des coûts faramineux ? Il existe des fêtes annuelles populaires dans beaucoup de villes du Sud, et des événements festifs pour tous au Nord, comme la brocante de Lille". Matthieu Chamussy (droite, opposition): "Serait-il vulgaire de parler des retombées économiques ? Dois-je rappeler qu'il n'y a pas de politique sociale sans développement économique?" Hakim Sabri (Verts/Ades/Alternatifs, minorité): "Le maire a promis de ne pas augmenter les impôts, cela signifie que si cette majorité appliquait réellement ses promesses, elle ne pourrait pas payer les Jeux olympiques. Alors pourquoi faire croire le contraire ?" Abderrhamane Djellal (PS, majorité): "J'ai fait un rêve, nous sommes à Grenoble, en février 2018..." Philippe de Longevialle (Modem, majorité): "20 millions d'euros pour un événement aussi exceptionnel, c'est franchement pas grand-chose". Fabien de Sans Nicolas (UMP, opposition): "Si l'histoire d'une ville s'inscrit dans la durée et la fidélité des hommes à son histoire, je me souviens d'Hubert Dubedout, grand homme de gauche, et du général de Gaulle inaugurant les Jeux olympiques voulus par Albert Michallon, grand homme de droite... Alors, peut-être l'histoire se répétera avec des acteurs politiques différents..." Un élu qui a voté "pour" (s'exprimant après le conseil): "J'ai un sentiment mitigé. Parce que le public n'est pas venu en nombre et parce que Didier Migaud et André Vallini n'étaient pas à nos côtés".
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Grenoble s'est officiellement lancée dans la course aux anneaux. Et à conseil municipal extraordinaire, séance peu banale, ce lundi soir à la Halle Clemenceau. Plus de public que d'habitude. Et pas un élu pour en engueuler un autre. Ah, l'esprit olympique...
Mais sur les 400 personnes (environ) présentes dans le public, franchement, on n'a pas eu l'impression qu'ils étaient si nombreux que cela, ce lundi soir, les opposants à la candidature. Même si, ce mardi matin, à la machine à café, ceux qui y étaient raconteront qu'un type, en début de conseil, s'est avancé vers les élus, en criant "Non aux Jeux du cirque et du fric", avant de lancer en l'air ses papiers verts et de se faire attraper par le service de sécurité. Lui aussi, devait se sentir bien seul à cet instant, les pieds décollés du sol (












