Dossier de la semaine
| C'est décidé, j'arrête le stress | ||
| A Grenoble, l’esprit zen est bien là Herboristeries, centres de soins, médecines non conventionnelles… en ville, le... | Les autres articles du dossier | |
| Les écologistes sont-ils contre les Jeux olympiques ? |
![]() Photo Frédérique Verhaeghe
![]() Photo Frédérique Verhaeghe Michel Destot: "Ce n'est pas vous qui décrétez ce qui est développement durable et ce qui ne l'est pas" Et comme on s'en doutait, les écologistes, façon biathlon, ont tiré les premiers. Par Olivier Bertrand. "Cette éventuelle candidature est un dossier majeur qui n'a jamais fait l'objet d'une délibération au conseil municipal. On aurait aimé pouvoir débattre, dire si oui ou non, Grenoble doit être candidate. Et là, on reçoit une note et on vote pour la première fois sur quelques lignes. 200 000 euros, ou 600 000 euros si on ajoute la Fête de la neige. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a beaucoup de villes candidates aux Jeux et qu'à l'heure actuelle, Munich a déjà dépensé 36 millions d'euros. Question: va-t-on mettre autant d'argent dans une candidature aussi hypothétique ? Et puis, il y a la question du développement durable. C'est très tendance de parler de Jeux olympiques du développement durable, mais nous ne voyons pas en quoi créer une rocade Nord et élargir l'A480, c'est développement durable. Et bétonner une piste de bobsleigh qui ne sera utilisée que deux fois par an, est-ce développement durable?" Fin des questions. Réponse sèche du maire: "Ce n'est pas vous, monsieur Bertrand, qui allez décréter ce qui est développement durable et ce qui ne l'est pas !" Une réponse bien dans le ton des mots de Michel Destot à l'attention de ces mêmes écologistes, dans une interview qui date de quelques jours. L'adjoint en charge du dossier, Stéphane Siebert, prend le relais. S'étonne d'abord des "36 millions d'euros de Munich", dont il dit n'avoir jamais entendu parler. Puis après les chiffres, il sort les dates et le calendrier. "Aujourd'hui, devant le conseil municipal, nous prenons nos précautions, nous mettons en réserve des capacités budgétaires. Rien ne se fera sans le conseil municipal, mais nous devons attendre que le Comité national olympique se prononce et déclare s'il y aura, ou pas, une candidature française pour les Jeux d'hiver de 2018. C'est le préalable à tout. Il devrait le faire après Pékin, donc nous attendons". Quant au développement durable, "le Comité international olympique est très rigoureux sur ce point de vue. Si nous sommes candidats, nous serons exemplaires sur la question environnementale. Et c'est vrai, il n'y a pas besoin d'une autre piste de bobsleigh donc si nous obtenons les Jeux, les épreuves auront lieu à La Plagne". Chamussy: "Les écologistes n'assument pas" ![]() Photo Frédérique Verhaeghe Il nous revient, alors, les mots d'Olivier Bertrand avant le 1er tour des municipales: "Nous en avons un peu marre de passer pour les contre de service", nous disait-il, avant l'inauguration du stade des Alpes (cliquez ici). Et voilà qu'on y revient donc: les écologistes, qui ont dit non à un stade situé parc Paul-Mistral, qui disent non à la Rocade, et on en passe, sont-ils également contre les Jeux olympiques, contre Grenoble 2018 au risque d'agacer une grande partie de la population ? Coup de fil le lendemain à la chef du groupe, Maryvonne Boileau qui... ne peut pas répondre "oui" ou "non". Elle développe: "Nous ne nous opposons pas de façon idéologique aux Jeux, ce serait insensé. Nous sommes opposés à la méthode. Nous aurions souhaité que le débat soit présenté aux Grenoblois de manière beaucoup plus démocratique, en posant cette question publiquement: est-ce qu'on veut, oui ou non, que la ville se porte candidate?" (Michel Destot a clairement promis, lundi soir, un conseil municipal spécial si le CNO décidait de présenter une candidature française pour 2018) Boileau: "Le peuple n'a plus de pain donc on lui fait croire qu'il va avoir les Jeux" On repose la question à Maryvonne Boileau: êtes-vous, oui ou non, favorable à une candidature? "Avant de pouvoir répondre, nous voulons savoir ce que ça coûtera à Grenoble et ce que ça rapportera, car il est indéniable que les Jeux de 1968 ont beaucoup apporté à notre ville". Retour à la méthode: "Il ne fallait pas faire de cette question un argument de campagne, ne pas partir à l'aveuglette. Car j'ai l'impression, quand je vois les sommes dépensées par Munich, que notre candidature n'est pas très sérieuse. Nos Jeux de neige, ils vont faire marrer tout le monde au CIO. En l'état actuel, nous n'avons pas beaucoup de chances d'obtenir ces Jeux, mais on fait comme si, on vend du rêve, le peuple n'a plus de pain donc on lui fait croire qu'il va avoir les Jeux et ainsi, on essaie de tenir jusqu'aux prochaines échéances électorales et après, on trouvera bien autre chose". Un temps. "Si on démontre que ces Jeux seront conciliables avec le développement durable, si ça crée des emplois, si ça fait avancer l'ensemble de la population... alors oui, je suis pour. Mais je suis réaliste". Et Maryvonne Boileau de poser à son tour une question: "Mais de quoi on besoin les gens aujourd'hui, de rêve ou de réalité?"
|
| < Précédent | Suivant > |
|---|


















