Comment Destot, réélu avec 48 % des voix, va-t-il gérer son hétéroclite majorité ? Comment les écolos, plus de 22 % mais seulement six sièges, se feront-ils entendre dans la minorité ? Comment Sans Nicolas, 29,5 %, fera-t-il le ménage à droite ?
Voilà, c’est fini. Et un, et deux, et trois mandats pour Michel Destot, sera le tube des six prochaines années à Grenoble. Ne jouons pas les surpris, tout le monde, même à droite, l’avait prédit. Vainqueur dimanche d’une triangulaire, le maire sortant en reprend donc pour six ans: 48,01 %, ce n’est pas 50 %, mais c’est suffisant pour disposer d’une majorité de 44 sièges (sur 59) au conseil municipal. Marie-Jo Salat première adjointe ? On saura vendredi qui seront ses adjoints. On annonce Baracetti à la Culture, il se dit que Longevialle pourrait récupérer l’Urbanisme, ou Safar les Finances. Quant à la première adjointe, puisque la députée Fioraso ne souhaite pas cumuler, un nom commence à circuler : Marie-Jo Salat. Personne n’a confirmé. Mais personne n’a répondu “non”, et certains sourires pourraient en dire long. Champ de ruines à droite
En tout cas, le troisième tour a déjà commencé pour Destot. Lorsqu’il a dévoilé sa liste élargie du PC au MoDem, en passant par d’anciens membres de l’opposition, ses adversaires avaient saisi la perspective d’une “ville ingérable” comme argument de campagne. Nous y voilà donc, à cette majorité. Question parmi d’autres : Marie-France Monery (PC) et Jacques Thiar (ex-opposition), qui n’étaient pas d’accord sur grand-chose, vont-ils d’un coup se donner la main sur tout ? Il est aussi permis, sur certains dossiers, d’avoir des doutes sur la cohabitation MoDem/Go. A voir. Le troisième tour a également commencé pour Maryvonne Boileau et les écolos. 22,49 %, c’est bien, mais au final, ça ne fait “que” six sièges au conseil municipal. Minoritaire au sein même de l’opposition, comment peser sur les décisions ? En plus, ils vont disparaître de la Métro, alors… Alors, on peut penser qu’on les retrouvera de temps en temps devant le tribunal administratif. Et le troisième tour, enfin, a débuté pour Fabien de Sans Nicolas. Avec 29,5 % des voix, il réalise un score historiquement bas. Le président national des jeunes UMP promet de s’investir sur les bancs de l’opposition grenobloise. Mais ce qui l’attend, dans un département où la guerre fait toujours rage entre les pro, les anti-Carignon et les “presque sans opinion” sur la question, c’est un énorme chantier. La droite n’est pas affaiblie, elle est par terre. Six ans, c’est long. Mais si peu, pour reconstruire sur un champ de ruines.
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