Il n'y a peut-être pas le feu dans la maison Destot. Le dernier sondage en date donne le maire de Grenoble à 45% au premier tour, à 60% au second. Mais à mesure que la campagne avance, disons poliment que ça commence à fumer.
Des voix s'élèvent contre l'attelage PC/PS/MoDem/opposition. On n'a pas inventé les socialistes déçus ni les communistes déboussolés. Et puis Go Citoyenneté, ce fidèle allié qui, parce qu'on lui proposait six places et pas sept sur la liste Destot, a décidé de se présenter au premier tour. Et puis les écolos qui disent et qui répètent que Grenoble sera la grande ville écolo de France... "Franchement, tout cela ne m'empêche pas de dormir", répond le socialiste Jérôme Safar, adjoint et président de groupe sortant, numéro 7 de la liste Destot. "Moi, ce que je vois, ce sont nos militants qui sont présents sur le terrain. Des militants qui, et je ne l'oublie pas, ont voté et ratifié aux 3/4 cette liste". Oui, mais cette agitation, la pétition pour que Grenoble reste de gauche, ces rumeurs de liste dissidente? "Tout cela, c'est de l'agitation microcosmique, très en décalage avec ce que l'on voit sur le terrain. Les gens nous posent des questions, c'est vrai. Mais ils comprennent la décision du maire de Grenoble de travailler avec des gens dont les compétences peuvent être utiles. La population, elle veut que ça respire, elle déteste les choses figées". Le centriste Bernard Betto ne dit pas autre chose... "Alliance"? "Ouverture"? "Respiration"? "Recette purement électorale", "joli coup", "gros risque", "mariage contre-nature"?... En politique, les mots passent, seules les victoires ou les défaites restent. "Et il ne faut surtout pas que l'on pense avoir déjà gagné. Souvenons-nous des municipales de 1983 à Grenoble, ou du 21 avril 2002...", conclut Jérôme Safar, qui aurait pu ajouter qu'en 2001, pour la droite et Max Micoud, le coup n'était pas passé très loin.
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