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| Laporte: "Fabien, le président mise sur toi" |
Le secrétaire d'Etat, de passage à Grenoble a remotivé les troupes, le jeune candidat a sorti les muscles et plaqué avec enthousiasme. Mais à trois jours du second tour, marquer un essai de 80 mètres entre les poteaux, c'est-à-dire remonter 15 points après une décevante première-mi-temps, va être très (très) compliqué pour la droite. Même si "un match n'est jamais perdu avant la fin".
En sport, il ne faut pas être superstitieux. En politique non plus. Bernard Laporte était passé à Bourgoin avant le premier tour et le candidat qu'il a soutenu a, depuis, lourdement perdu. Alors, lorsqu'un brillant quoique taquin confrère de la radio a demandé au secrétaire d'Etat si l'histoire n'allait pas se répéter à Grenoble, où il est venu ce jeudi soir soutenir Fabien de Sans Nicolas, l'ancien sélectionneur du XV de France a botté en touche. Non, il ne savait pas que Jean-Pierre Girard avait été battu. Et non, "un match n'est jamais perdu avant la fin"... N'est-il pas écrit "Dimanche tout devient possible !" sur les tee-shirts des jeunes de l'UMP vraiment mobilisés et déchaînés ? Sachant, et là c'est un autre taquin qui l'écrit, que derrière le mot "tout", on peut certes coller "victoire éclatante", mais aussi "défaite honorable", voire "grosse raclée"... Jeudi soir, le mot "perdre" était en tout cas interdit à la Maison des associations. La musique de Madonna et les cornes de brume, non. Et les plaquages aux chevilles du maire sortant non plus. C'est d'abord le conseiller général Max Micoud qui a baissé la tête et foncé dans le tas. Avec panache, reconnaissons-le. En distribuant les baffes comme Dallaglio à ses plus féroces jours, à gauche, et aussi au centre, d'où le rire jaune du centriste Nicolas Pinel, membre de la liste de Sans Nicolas, debout juste derrière un Micoud très applaudi par la salle, remplie de militants et d'envie. "Fabien, le président croit en ton talent" Une Pascale Modelski plus tard, c'était au tour du jeune candidat de se coller derrière le pupitre. Re-cornes de brume. Pessimiste Sans Nicolas ? Pas en public en tout cas. "Bernard, je suis très heureux de t'accueillir à la Maison des associations et je souhaite, la semaine prochaine, pouvoir t'accueillir en mairie". "Fabien, Fabien !", chante la jeunesse. Re-re cornes de brume. Et après un discours qualifié de "bon" par un voisin du premier rang, forcément honnête puisque pas vraiment de droite, Sans Nicolas a passé le ballon à Bernard Laporte. Qui lui a renvoyé des compliments: "Fabien est intelligent, brillant, il est l'un des espoirs de la droite. Fabien, le président, que j'ai croisé au conseil des ministres, croit en ton talent. Il mise sur toi". Mais le match de 2008 n'est-il pas déjà plié ? Le secrétaire d'Etat quitte la veste, l'ancien sélectionneur renfile le survêt. "Vous avez 72 heures pour créer l'exploit et c'est faisable. A la mi-temps du quart de finale de la Coupe du monde, contre les Blacks, à Cardiff, tout le monde nous voyait morts. Mais on y a cru, on s'est mobilisé et on est passé parce qu'on avait décidé, ensemble, de gagner". Et Laporte en est resté là, sans raconter la fin de l'histoire: une terrible défaite contre les Argentins.
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