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| UMP-38: déjà deux candidats à la présidence |
Ira? Ira pas? En attendant que Carignon déclare s'il sera candidat à sa propre succession à la tête de l'UMP départementale, deux hommes ont déjà décidé d'y aller: Michel Savin et Jérôme Ripoll... Leur mission: faire adhérer un maximum de militants.
La droite existe-t-elle encore dans le Sud de l'Isère? Regarder les résultats des élections, c'est répondre à la question. Législatives 2007: six sur six pour la gauche, des raclées un peu partout pour l'UMP. Et l'humiliation suprême: la perte de la 1ère circonscription, où Carignon (et Cazenave) ont été balayés par Fioraso. Municipales 2008: déroute historique sur Grenoble, avec un score historiquement bas (moins de 30%) pour le candidat UMP Fabien de Sans Nicolas. Cantonales 2008: renforcement de la majorité du socialiste Vallini au conseil général, et perte de deux cantons supplémentaires (défaites de Micoud et de Descours) sur Grenoble. A ce bilan en forme de film catastrophe, s'ajoutent de nombreuses sorties de route qui, si elles font le bonheur des journalistes (et des socialistes locaux), doivent désoler bien des sympathisants UMP: règlements de comptes, exclusions (Cazenave, Chamussy...), manipulations... le tout dans un contexte binaire (et un peu simpliste) avec les pro-Carignon vs les anti-Carignon. Justement, à l'automne prochain, Alain Carignon remet au vote des adhérents son fauteuil de président de l'UMP iséroise. Sera-t-il candidat? Pour l'instant, c'est silence radio. Certains, partisans ou opposants, remarquent qu'il n'a pas dit "non" ce qui, en politique et connaissant le bonhomme, ressemble à un "oui". Les observateurs, prudents, se contentent de constater sa discrétion sur le terrain et sur son blog (pas un texte publié depuis le 19 novembre 2007). Mais il n'y a pas que Carignon. Et depuis vendredi, deux hommes ont décidé de se lancer. Dans l'ordre d'entrée en piste, le premier à s'être déclaré est Jérôme Ripoll (Saint-Ismier). "Je serai le candidat des Réformateurs en Isère. Le secrétaire d'Etat Hervé Novelli, qui est issu du même courant, m'en a confié la charge départementale. Il est temps que nous soyons plus largement représentés et que nos idées soient entendues", a-t-il déclaré, avant d'enchaîner sur "le besoin de renouvellement". Mais vous connaissez les journalistes : toujours à poser les questions qui agacent. Alors, évidemment, on a demandé à Jérôme Ripoll s'il n'était pas un sous-marin de Carignon, puisque le bruit court déjà. "Ceux qui pensent que je suis une marionnette doivent réagir et arrêter toutes ces querelles de personnes. Nous entrons dans une nouvelle ère. Nous avons besoin de politiques qui se penchent sur les vrais problèmes rencontrés par les Grenoblois. Je suis pour un combat d'idées, pas d'hommes", a répondu Jérôme Ripoll en réservant paradoxalement toutes ses flèches à... un seul homme: Michel Savin. La campagne est bien lancée. Car Michel Savin est lui aussi candidat à la présidence de l'UMP-38. Et le maire de Domène, leader de l'opposition au conseil général et à la Métro, a décidé d'y aller en équipe. A ses côtés: Henri Baile, Alain Bonnet, Geneviève Prosche, Pierre Arioli et Julien Béraud. Et bientôt d'autres puisque "la sauce commence à prendre". Il explique: "Les militants réclament un changement. Nous voulons qu'ils soient tous associés à nos débats d'idées, qu'ils puissent débattre avec les dirigeants du mouvement, avec les élus. Et pas seulement en période électorale". "Nous ne sommes pas d'accord avec le fonctionnement actuel. Nous proposons donc une alternative", poursuit Savin. Une alternative "transparente et démocratique", une alternative "de rassemblement", selon les mots choisis. Le tout, sans attaquer directement l'homme Carignon ou son bilan. C'est sans doute plus prudent, pour l'instant. Certes, les électeurs isérois ne veulent plus de Carignon et ils le lui ont faire comprendre sans détour aux législatives. Mais le président de l'UMP-38 est élu par les militants de l'UMP-38. Conséquence: si Savin et son équipe n'arrivent pas, dans les semaines qui viennent, à faire adhérer un maximum de personnes à leur cause, alors Carignon, qui peut compter sur un bataillon de fidèles militants, gardera la main. Et se fera réélire. Ou alors, il fera réélire un homme à lui. Qui n'est pas Jérôme Ripoll, nous a donc juré ce dernier.
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