Dossier de la semaine
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| Ces étudiants qui vont aux Restos du coeur |
![]() Photo Henri Porchier Alors qu'une collecte nationale est organisée les 7 et 8 mars, le nombre de jeunes qui ont recours aux services des Restaurants du coeur ne cesse d'augmenter... Timide et discrète, Sylvia se fait toute petite au centre des restos du cœur de la rue Marbeuf de Grenoble. Etudiante en BTS Management des Unités Commerciales, elle a 21 ans et vient ici depuis début décembre. Sa famille est à Madagascar, Paris et Lyon. A Grenoble, elle est seule. Et une fois qu’elle a payé son loyer et ses frais de scolarité, il ne lui reste plus grand-chose pour manger. "J’achète un peu dans les grandes surfaces, mais pour le reste je viens ici". Au début de l’hiver, une amie lui a parlé des Restos du cœur. Elle s’est inscrite mais préfère garder le secret. "Personne de ma famille ne sait que je viens ici". Sylvia s’inquiète aussi de l’avenir. Elle ne sait pas si elle va pouvoir continuer à venir durant l’été. Elle espère pouvoir se faire dépanner mais en cas de refus, ne sait pas quelle solution envisager. "Je cherche actuellement un travail. Ce n’est pas évident car nous avons un programme très chargé en BTS. Je ne ferais pas la difficile, dès que je trouve quelque chose, j’accepte".
Florence est dans la même situation qu’elle. Agée de 19 ans, elle est en 1ère année de commerce international et sans les Restos du cœur, elle ne pourrait pas se nourrir correctement. Elle est aussi seule sur Grenoble : toute sa famille est au Congo-Kinshasa. Alors pour vivre, elle compte sur la CAF pour son loyer et les petits boulots. "C’est trop dur… La vie est chère et je suis obligé de faire des ménages les week-ends. Et même en faisant ça, je ne gagne pas assez d’argent". La honte, le regard des gens La plupart taisent leur situation. En cause ? La honte et le regard des gens. "J’ai déjà entendu des réflexions sur le fait qu’on aidait les parias de la société, que certains en rajoutaient pour pouvoir manger gratuitement. Honnêtement, quand je vois les produits que nous donnons, même s’ils sont de qualité, il faut vraiment être en grande difficulté pour venir. Ne serait-ce que pour oser pousser notre porte quand on a 20 ans". Les aider à s’en sortir : une priorité Elle se rappelle aussi avec émotion l’histoire d’une jeune fille de Toulouse. Issue d’une famille recomposée, sa mère lui avait dit de se débrouiller seule. A Grenoble, les Restos du cœur l’ont aidée à s’en sortir. Tirée d’affaire, elle avait demandé à Hélène d’appeler sa mère pour lui donner des nouvelles. Au téléphone, cette dernière lui avait dit être contente de savoir que sa fille allait bien, mais que sa porte était fermée car elle voulait vivre sa "propre vie". "Quand la jeune fille m’a demandée si sa mère avait dit des choses gentilles pour elle, j’ai dit oui pour ne pas la blesser. Elle m’a répondu que je ne savais pas mentir" explique avec émotion Hélène. Alors, quand elle voit des jeunes filles, elle essaye de les épauler. La peur de les voir tomber dans la prostitution étudiante est très présente. Elle n’hésite pas, parfois, à leur donner un peu plus de nourriture que d’habitude. ![]() Les bénévoles viennent en aide aux bénéficiaires. Habitués puis bénévoles Certains se font dépanner pour quelques mois. Et n’oublient pas de revenir remercier les bénévoles. Il y a quelques années déjà, un homme est venu, sa voiture était pleine de marchandises. Il venait simplement remercier les Restos du cœur de l’avoir aidé à s’en sortir lorsqu’il était étudiant. Hélène précise : "il nous a même dit que sans nous, il n’aurait jamais pu continuer ses études. Le sourire de ces gens-là, c’est notre moteur !" Certains deviennent même bénévoles l’espace de quelques jours pour aider, lors d’événements comme la collecte nationale. Une façon pour eux de rendre ce que les Restos du coeur leur ont apportés. + D'INFOS Pour faire face à l’augmentation du nombre d’inscrits et approvisionner l’intercampagne, les Restos du Coeur organisent partout en France, vendredi 7 et samedi 8 mars, une grande collecte dans les hyper et supermarchés. L’an passé, 2 200 tonnes de denrées ont pu être collectées par 22 300 bénévoles dans 2 400 magasins de l’Hexagone… Contrairement aux idées reçues, les Restos ne ferment pas l’été. Au-delà de la campagne hivernale (la 23e cette année), la majorité des centres de distribution des Restos restent ouverts toute l’année pour garder le contact et assurer une continuité partielle de l’aide alimentaire aux plus démunis.
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