Dossier de la semaine
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| Rassemblement pour annuler une expulsion de sans-papiers |
Une soixantaine de personnes était rassemblée devant la préfecture de l’Isère ce vendredi, trois jours après l’interpellation d’un étudiant sans papiers dans la résidence du Village Olympique. Les manifestants demandaient l’annulation de la procédure d’expulsion. Le jeune homme, qui a comparu devant le tribunal administratif de Lyon, est revenu à Grenoble, où il a été assigné à résidence. La pluie, froide et continue, a eu beau tomber sur la place de Verdun, eux, n’ont pas bougé. Etudiants, militants associatifs (RUSF, RESF, Centre inter-peuples), élus (Alternatifs, Fac Verte), tous étaient venus protester contre la procédure d’expulsion qui frappe un étudiant gabonais de l’Université Pierre-Mendès-France. Régis, 28 ans, a été interpellé mardi matin dans sa chambre de la résidence universitaire du Village olympique. Il a ensuite été placé en garde à vue à l’hôtel de police de Grenoble, avant d’être transféré à Lyon, au centre de rétention administrative. Mercredi, le jeune homme a comparu devant le tribunal administratif lyonnais, où son avocat a contesté l’Obligation de quitter le territoire français dont son client fait l’objet. La contestation a été rejetée par le tribunal et Régis a été présenté jeudi devant le juge des libertés et de la détention. Assigné à résidence Là, l’étudiant grenoblois s’est évertué à faire valoir sa bonne foi et son honnêteté tout au long de ses cinq années d’études en France. Le juge a finalement prononcé la libération de Régis et son assignation à résidence à Grenoble. Il doit désormais pointer chaque jour au commissariat, et ce jusqu’à ce que son dossier soit réexaminé par la justice. Ce vendredi, les manifestants demandaient l’annulation de la procédure d’expulsion à l’encontre de Régis. Ils ont fait part de leur inquiétude quant à la présence de la police sur le campus et dans les résidences universitaires pour interpeller des sans-papiers. Une délégation de manifestants a été reçue en préfecture. "Nous avons notamment été reçus par la directrice de cabinet qui nous a affirmé que le dossier de Régis serait étudié mais elle n’a apporté aucune garantie quand au fait que ce dernier ne serait finalement pas expulsé", explique Marion coresponsable de la commission étudiants étrangers de l’Unef et qui faisait partie de la délégation. "Le Crous ne peut pas empêcher la police de faire son travail" Plus tard dans la journée, cette même délégation rencontrait Dominique Martin, directeur du Crous, pour lui demander que celui-ci prenne des engagements clairs contre la collaboration avec les agents participant aux expulsions de sans-papiers. Une demande qui est restée lettre morte. "Lorsque j’ai rencontré la délégation, explique le directeur du Crous, j’ai rappelé à ses membres que la directrice de la résidence universitaire du Village Olympique a écrit une lettre pour rappeler qu’il n’y a jamais eu aucun problème avec cet étudiant et qu’il participait même à la vie de la résidence. En revanche, le Crous ne peut pas empêcher la police de faire son travail. Nous ne pouvons pas prendre d’autre position. J’ai toutefois l’intention de me renseigner, pour savoir si les Crous des autres académies sont confrontés aux mêmes problèmes". En ce qui concerne la fréquence des interpellations de sans-papiers à la résidence du Village Olympique, un des manifestants ayant affirmé devant la préfecture que celle de Régis "est à la cinquième en quelques mois", Dominique Martin affirme que c’est faux : "Il y en a eu une en 2007 et une l’année d’avant", affirme le directeur du Crous.
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