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| Travailleurs sans-papiers... et pique-nique devant la préfecture |
"Erreur manifeste d'appréciation", a dit le commissaire du gouvernement, jeudi dernier devant le tribunal adminsitratif de Grenoble, donnant toutes ses chances à Laala Draïda, Algérien sous le coup d'une obligation de quitter le territoire (OQTF, sigle que la politique gouvernementale en matière d'immigration finira par rendre aussi connu que SNCF !).
L'électricien Draïda, travailleur sans autorisation de travailler, homme jeune en France - et au travail - depuis 1999 pourrait donc, lundi après le rendu de la décision du tribunal, retrouver le sourire. Et rester dans l'histoire locale comme le "cas" choisi par les associations de soutien aux sans-papiers et des syndicats pour porter le dossier des travailleurs sans-papiers sur la place publique. ![]() Laala Draïda, Marie-Thérèse Lloret (Coordination de soutien aux sans-papiers), Ahmed Benamara et Patrick Sinsard (Syndicat multiprofessionnel des travailleurs sans-papiers). "C'est comme quelqu'un qui construit un mur... et la préfecture vient détruire les bases. On bâtit quelque chose et... on reçoit une OQTF", disait doucement Laala Draïda qui... avait déjà obtenu l'annulation d'une précédente OQTF en novembre dernier. "Rien que ce matin, il y a une douzaine de cas devant le tribunal", commentait Marie-Thérèse Lloret, de la Coordination iséroise. Pas tous des travailleurs, il est vrai mais tous confrontés à une OQTF. Côté travailleurs, à propos desquels il faut rappeler qu'ils peuvent - sous certaines conditions - bénéficier d'une régularisation du fait même qu'ils travaillent, "nous avons décidé de faire un état des lieux, qu'il s'agisse de travail déclaré ou non", a expliqué un Cégétiste. Masqués, brandissant leur contrat de travail Ainsi, depuis quelques semaines, la mobilisation se construirait doucement. Permanence chaque vendredi après-midi à la Bourse du Travail, capitalisation de l'expérience parisienne de la confédération, assemblée générale la troisième semaine de juin, création d'un "syndicat multiprofessionnel des travailleurs sans-papiers"... et la première apparition publique jeudi 26 juin à l'occasion du recours de Laala Draïda contre son OQTF. Une quarantaine de travailleurs aurait adhéré à ce syndicat "multiprofessionnel puisqu'ils sont présents dans beaucoup de branches économiques qu'ils font vivre", a expliqué l'un des leaders du mouvement naissant. Il sera en tous les cas devant la préfecture mercredi 2 juillet à partir de 18 h 30. Une série d'associations appellent à un "Grand pique-nique solidaire". Une délégation doit être reçue par la préfet qui aura aussi l'occasion, si le projet des organisateurs se concrétise, de transmettre au ministère de l'Intérieur les photos de sans-papiers masqués brandissant leur contrat de travail.
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