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| "J'ai dû quitter mon pays pour avoir critiqué le gouvernement" |
Tous les deux participaient vendredi à la vingtième cérémonie de parrainages républicains organisée à la Maison des associations. En présence d’une trentaine de demandeurs d’asile, Johnroc s’est engagé à être "fidèle aux idéaux de idéaux de la République française et à être tolérant et solidaire", tandis que Thomas s’est dit prêt "à l’aider dans ses démarches afin qu’il reste de plein droit dans la cité". Avant ce dernier, plus de 600 citoyens isérois se sont déclarés, depuis 2003, parrains ou marraines de réfugiés demandeurs d’asile. Une tradition solidaire à laquelle on est attaché sur les bords de l’Isère. Peut-être plus encore aujourd’hui. "A l’heure des quotas de reconduite à la frontière, expliquaient les organisateurs, cette cérémonie, c’est l’occasion de réaffirmer publiquement la défense du droit d’asile, inscrit dans la Constitution".
Pour avoir critiqué le Gouvernement Un droit que revendique Johnroc, qui partage actuellement sa vie entre Péage-de-Roussillon et Grenoble. Il est arrivé en Isère l’été dernier, chassé de Kinshasa "pour avoir écrit un article évoquant le laxisme de la politique congolaise". "J’étais en danger là-bas", explique le jeune homme. Veste sombre et écharpe noir et blanc, bien bâti, il fait partie de ces hommes à côté desquels, assez étrangement, on se sent toujours un peu petit. Plutôt discret, il évoque de façon pudique ce qu’il a vécu. Ses études dans les relations internationales, sa famille restée au Congo. Sa collaboration avec un journal dans un pays "où la liberté d’expression est réduite. Ce que j’ai voulu faire, c’est dire ce qui n’allait pas chez moi. Se retrouver exilé, c’est dur". Surtout que rien ne garantit encore qu’il pourra rester. "Ici, le processus de demande d’asile est très rigide. J’ai fait une première demande qui n’a pas abouti. Pendant un bon moment, j’ai été assez abattu. J’attends maintenant ma convocation devant la commission de recours". "Si j’étais dans son cas, j’aimerais qu’on fasse pareil pour moi..." Pour cette nouvelle étape, il ne sera toutefois pas seul. Depuis un soir et une rencontre dans un couloir. "Je venais assister à une conférence sur le Niger à la Maison du tourisme, ici à Grenoble, explique Thomas, formateur en anglais auprès de la Chambre de commerce et d’industrie. Il n’y avait plus de place dans la salle et c’est là que j’ai rencontré Johnroc". Les deux hommes se mettent à bavarder. Assez rapidement, Thomas se propose de l’aider, lui l’Anglais installé au pied des Alpes depuis quelques années. "Mon amie a déjà fait une démarche de parrainage, pour une femme et ses filles. J’ai voulu faire pareil". Avant d’ajouter, simplement : "Si j’étais dans son cas, j’aimerais qu’on fasse pareil pour moi...". Quand Johnroc est à Grenoble, ils essaient de se voir. Aujourd’hui, le Congolais a de nouveaux espoirs. Avec soulagement parce que, glisse-t-il du bout des lèvres, "quand on a plus l’espérance, on n’a plus rien". Johnroc et Thomas, deux hommes à côté desquels, assez logiquement, on se sent toujours un peu petit.
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Menacé de mort pour avoir écrit un article critiquant le régime politique de son pays, il a dû fuir. Âgé de 25 ans, Johnroc Lingonga a quitté Kinshasa et la République démocratique du Congo pour l’Isère. Aujourd’hui, il attend de savoir si sa demande d’asile politique sera acceptée par le gouvernement français. Depuis la semaine dernière, il n’est plus seul pour accomplir ses démarches : il a un parrain, Thomas.













