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| "Les garçons, on s’en fout !" |
Bonne fille, Marielle a essayé le sexe hétéro. Mais ce sont les yeux de sa voisine qu’elle aimait. Rencontre à l’occasion du Festival du film gay et lesbien de Grenoble. Juste avant le zoom sur les moments forts à ne pas rater entre le 8 et le 15 avril...
Marielle sait ce qu’est la "pression du premier baiser", ce "rite de passage de l’adolescence". Ce premier baiser, avec un garçon bien sûr, ne lui a pas plu. La première étreinte non plus. "Il le fallait mais je ne me suis pas forcée. Me suis persuadée que j’étais amoureuse de lui. Après, je me suis dit : "tu as essayé, cela suffit. " "On n’est jamais sûre à 200 % " Ainsi Marielle s’est assumée lesbienne. Longue marche. D’abord, "on parle des garçons avec les copines mais on sait que les garçons, on s’en fout. Enfin, pas vraiment mais on ne les regarde pas comme des amoureux. Ce sont les yeux de la voisine de classe qui sont beaux. " Tout cela, c’était avant ses 20 ans. A 30, elle aime Audrey qui l’aime en retour. Peut-être, en se retournant vers le passé, se souvient-elle qu’en couchant avec un homme, elle s’est soustraite à l’interpellation: «Comment sais-tu que tu es lesbienne si tu n’as jamais couché avec un homme?» Soupir : "C’est l’éternelle histoire de lesbienne parce que mal baisée !" Marielle est tranquille, forte de l’amour de ses parents : "Je les savais ouverts mais on est jamais sûr à 200 % " ; son couple est heureux ; elle ne ment pas au travail où "la sexualité est un sujet parce que votre collègue est enceinte, qu’elle est partie en vacances avec son mari… On parle de la vie et ces histoires disent l’hétérosexualité". Assez solide pour s’exposer Sa vie dit autre chose et, militante qu’elle est, elle ne se planque pas… en général. "Dans la rue, nous nous comportons comme les hétéros. On se tient par la main.... parfois. Pour s’exposer, il faut être assez solides pour encaisser les éventuelles remarques. Mais l’insulte est assez rare; le regard en diagonale beaucoup moins". Ha oui, encore une petite chose. Quand le graveleux demande : "Qui fait l’homme, qui fait la femme ?", elle sourit. "C’est une question qui ramène à l’hétérosexualité".
LE FESTIVAL
Le temps est revenu de «Vues d’en face», festival du film gay et lesbien de Grenoble, occasion unique de voir des films inédits. Ce sera du 8 au 15 avril au Club, 9, rue du Phalanstère à Grenoble. Pour commencer : «Spider lilies», inédit en France, mardi 8 avril à 19 h 30. Un vrai coup de cœur de l’équipe organisatrice. Maria de Medeiros : Grand prix du festival d’Annecy 2007, «Riparo» sera projeté mardi 15 avril à 20 heures en présence de l’actrice Maria de Medeiros et du réalisateur Marco Simon Puccioni. La fête : Samedi 12 avril à la MC2 (Le Bar) de minuit à 5 h. Aux platines, Tanguy et Sébastien Bromberger. La consigne de l’organisateur : "Chaussez-vous aérien, habits ventilés, sucres lents...". Entrée libre. En pratique : 6,30 € la séance (5,30 € étudiants, chômeurs et adhérents Fnac), 32 € la carte de 6 séances. Programme complet et réservation en ligne sur www•vuesdenface•com. Infoligne durant le festival : 06 67 71 03 12. Prévente vendredi 18 h-20 h au Saint-Germain, 146, cours Berriat à Grenoble; samedi 5 avril 16 h-20 h au Club, 9, rue du Phalanstère à Grenoble. A lire également : une virée dans les bars gay avec Maximin.
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