"J'ai commencé à fumer à 12 ans pour me faire remarquer par mes parents"... Si tous les adolescents ne le formulent pas aussi clairement qu'Alexis, 17 ans, en première au lycée Stendhal de Grenoble, les premières clopes grillées sont souvent un défi lancé à l'autorité sous toutes ses formes.
"Au début, j'ai fumé pour faire mon malin... Et pour faire comme les grands", se rappelle Pierre, 18 ans, en classe prépa au lycée Champollion, décrivant ce temps où se mêlent identification et rivalité avec les aînés. Ce jeu a beau n'être qu'une transition entre l'enfance et l'âge adulte, il est très dangereux dès lors qu'il concerne le tabac, qui rend dépendant et tue... Les ados le savent : cette génération n'a pas (ou très peu) connu le cowboy Marlboro et ses viriles volutes : la loi Évin l'a proscrit... Et le cancer du poumon l'a tué. Ce qu'ils ont vu, en revanche, ce sont "ces pubs où des malades fument par un trou dans leur gorge"... Et les fumeurs mis à la porte des lieux publics. Ils croient aussi savoir que "bientôt, sur les paquets", en plus des habituels messages préventifs, "il y aura des photos de poumons ravagés". Des images dissuasives ? "Non, ça ne fait pas réel", estime Candice, 18 ans, élève à Stendhal. Car le plus grand obstacle des jeunes à la prise de conscience des méfaits du tabac... C'est leur âge : infarctus et cancers semblent si loin ! "Pour l'instant, pas de souci. C'est le long terme qui m'inquiète... un peu", concède Gauthier, étudiant à Saint-Martin d'Hères de 23 ans, qui pratique ski de rando et VTT (jusqu'ici) en quasi-impunité malgré ses dix clopes quotidiennes. On est assez sensibilisées, estime Kristina, 23 ans et étudiante sur le même campus : sa gynécologue l'a prévenue de la dangerosité des cocktails "tabac+contraceptifs"... Ce qui ne lui "a pas donné envie d'arrêter pour l'instant". Julie, 17 ans, voudrait bien, elle, cesser de fumer. Ce n'est pas sa santé qui la motive mais "des amis non-fumeurs" parmi lesquels son "petit copain", qui "ne supporte pas ça". Une raison comme une autre pour arrêter... - BUDGET TABAC D'UN ADOLESCENT. De 12 € par mois à plus de 40 € par semaine. Une partie de l'argent de poche y passe, quitte à se priver d'autres loisirs.
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