| Ecrit par Lucile Ageron, le 08-04-2008 15:39 |
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D'origine tibétaine, ce lycéen du Grésivaudan vit en France depuis 1994. Pour autant, il n'oublie pas son peuple et se mobilise. Témoignage. 
Le karma. C’est comme ça que Tsésam, 16 ans et demi (voir notre reportage dans le WebJT), justifie son arrivée en France. Né en Inde, dans le Sikkim, ce jeune adolescent d’origine tibétaine a été adopté à l’âge de trois ans et demi, en 1994. "Mon grand-père est un maître tibétain et ne me voyait pas d’avenir là-bas. Mon père n’avait pas assez d’argent. Je suppose que je serais sûrement devenu moine si j’étais resté là-bas". Les yeux dans le vague, Tsésam reste silencieux. Puis, très vite, reprend le fil de son récit. Arrivé en France en 1994, il a grandi dans un chalet proche de la station des Sept-Laux, mais est resté très attaché à ses racines. Une fois tous les deux ans, il se rend en Inde ou au Népal pour retrouver sa famille. "J’ai gardé des liens proches. Mes parents envoient de l’argent à ma famille et payent le loyer de mon papa tibétain". Renouer avec ses origines Bouddhiste, il suit avec assiduité les enseignements de Sogyal Rinpoche, un maître tibétain et aussi de Thich Nhat Hanh, maître zen vietnamien. Et pour pratiquer plus facilement sa religion, ses parents ont aménagé un temple chez eux. Au milieu des bougies et des nombreuses photos du Dalaï Lama, ou de Sogyal Rinpoche, un portrait de son grand-père et de lui petit est glissé, souvenir de sa prime enfance au Sikkim. Un écran plat trône dans la pièce et dénote dans cet espace religieux mais qu’on ne s’y trompe pas: ce n’est pas une télé comme les autres, elle sert à suivre les enseignements de Sogyal Rinpoche à distance "car tout passe par Internet et les nouvelles technologies". Très pratiquant, il se rend tous les étés dans un centre de retraite vers Montpellier où il apprend les enseignements du Dalaï Lama comme "la non-violence, la compassion". Mais cette année, le jeune lycéen s’envolera outre-Atlantique début juin, pour apprendre le tibétain dans une université de Virginie. "Je savais le parler quand j’étais petit mais j’ai tout perdu. Je sais juste le lire". "Une bonne idée que Sarkozy n'aille pas à la cérémonie d'ouverture" Mais Tsésam est jeune et déterminé et son pays d’origine lui tient à cœur. Il n’hésite pas à s’impliquer pour la cause de son pays car il est français "mais garde la culture tibétaine". Depuis petit, il a participé à plusieurs manifestations pour le Tibet et aujourd’hui, c’est avec un pincement au cœur qu’il a pris connaissance des violences dont son peuple est victime. "C’est apparu d’un seul coup à la télévision. Mais les reportages sont assez réducteurs. Cela fait 50 ans que la situation est difficile". Alors, Tsésam s’engage à faire signer des pétitions dans son lycée. "Ce n’est pas évident je ne suis qu’en seconde, je ne connais pas tout le monde. Mais il faut que je passe au dessus de ma timidité. C’est important de le faire". Il suit de très près l’actualité et assure que la relation entre les Jeux Olympiques de Pékin et la répression des Tibétains est un concours de circonstances. "JO ou pas, cette année était le 49e anniversaire de la fuite du Dalaï Lama vers l’Inde. Je pense que les répressions auraient quand même eu lieu". Mais calme et réfléchi, il pense que la Chine mérite d’avoir les Jeux, "sinon les Chinois vont se renfermer sur eux-mêmes et se dire qu’on les juge tout de suite". Par contre, "cela serait une bonne idée que Nicolas Sarkozy n’aille pas à la cérémonie d’ouverture".
Une vie bien remplie Pour autant, Tsésam vit comme tout autre adolescent de son âge. Des cours de voile quand il était plus jeune à l’équitation, ou encore de la pratique du violon, aux compétitions de ski et au lycée, il ne supporte pas l’inactivité. "Ce n’est pas mon truc de rester enfermé devant la télé. J’ai besoin d’être dehors, comme les Tibétains. Après tout, c’est un peuple de montagnard". Et quand il évoque son avenir, il se voit professeur d’histoire des religions à l’université. Mais par-dessus tout, Tsésam rêverait d’intégrer l’équipe nationale de ski du Tibet pour les Jeux Olympiques d’Hiver.
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