L'emblématique directeur du festival Rocktambule et président du Pôle musical d'innovation (PMI), candidat malheureux, se bat depuis le premier mandat Destot pour la création d'une salle de musiques actuelles. Il est forcément déçu.
Quand avez-vous été prévenu ? L'adjointe à la Culture m'a appelé mardi. Elle m'a fait part de la décision de la mairie : MixLab numéro 1. Et le PMI en 2.
Comment avez-vous pris la nouvelle ? C'est un coup plus que dur. On ne participe même pas aux négociations avec la mairie. C'est donc un désaveu total de tout ce qui a été entrepris avec les différentes associations depuis des années. La mairie ne nous fait pas confiance. Est-ce une manière de vous faire payer le lobbying intense mené depuis 10 ans ? Peut-être. Mais je n'aurai pas l'occasion de poser la question au maire. L'important n'est pas là. Fondamentalement, les structures emblématiques qui ont mené ce projet ensemble ont 15 ans d'expérience des musiques actuelles et de gestion de projets culturels. La décision d'aujourd'hui est un désaveu de ces compétences. C'est grave. Beaucoup de villes ont fait confiance à leurs acteurs locaux. A Grenoble, il y a donc ce paradoxe : D'un côté, la Ville signe des conventions avec le Stud ou Dynamusic. De l'autre, ces mêmes structures sont écartées. La Ville a pourtant choisi un projet grenoblois, MixLab ? L'autre projet local n'avait aucune existence avant l'ouverture des candidatures. C'est la constitution d'une équipe de personnes qui ne se connaissaient probablement pas avant. Ils ont répondu à une opportunité. C'est pourtant eux qui auront la salle. Se passer des gens qui étaient là dès le début ? C'est un peu léger comme démarche. Ils n'auraient pas fait ça pour la MC2. Est-ce que cela remet en cause votre existence ? La Ville va débourser 300 000 euros pour la salle. Je ne vois pas comment elle va aider les autres structures. La Ville crée un déséquilibre qui va asphyxier le tissu associatif. Et le festival Rocktambule ? Le festival a désormais un rayonnement national. Il doit continuer. Dans l'interview qu'il nous a accordée, Alban Sauce (MixLab) déclare qu'un festival comme Rocktambule a toute sa place dans la SMA... Le gestionnaire devra accueillir les projets locaux. Ça fait partie de ses missions. Ce n'est pas ça qui va développer le tissu local. Encore une fois, le choix du pôle de musiques actuelles se fait sans les acteurs locaux. Vos regrets personnels? Aujourd'hui, si on revenait en arrière, je referais tout le travail de lobbying même en sachant que je suis écarté de la salle à la fin. C'est un fierté personnelle. Je sais que j'ai participé à la création de cette salle. J'y suis pour quelque chose. Laurent Ageron et Alban Sauce sont en vidéo dans notre WebJT, cliquez ici Lire l'interview d'Alban Sauce Lire l'article : La Ville lance les négociations avec MixLab
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