A la une actu

CB Login

     
                 
article thumbnail no
VIDEO GF38: Grenoble aura du coeur !

Ambiance avant le match contre Le Havre, au stade d'entraînement, avec les...

Gagnez des places
accueil arrow Cultures arrow Ciné : les sorties du 27 août 2008
Ciné : les sorties du 27 août 2008
(3 votes)
Ecrit par Jean Serroy, le 25-08-2008 18:59 Vues: 291 Favoris: 28

Le Silence de Lorna
Image Le choc d’une histoire terrible. Et d’une actrice qui l’interprète avec une force poignante.

Elle court, Lorna, elle court. Peut-être pas autant que la jeune Rosetta, qui imposa ce cinéma de l’urgence qui est celui des frères Dardenne, mais portée par la même volonté de se sortir des coups fourrés de la vie. Et, en fait de mauvais coups, elle en a son compte, à la mesure d’un scénario justement couronné à Cannes, qui, pas plus qu’il ne lâche le personnage, ne lâche le spectateur embarqué comme elle dans les fonds glauques de la misère clandestine. Déjà, dans la combine initiale du mariage arrangé qui lui permet à elle, l’Albanaise émigrée, d’obtenir la nationalité belge en épousant, contre argent comptant, un junkie défoncé jusqu’à l’os, on sent que les choses ne vont pas être faciles. Mais ce mariage blanc en cache un autre, plus noir, où le personnage se retrouve vite inexorablement piégé.
Car, dans ce jeu purement économique qui est celui de la fille que l’on vend – et l’argent qui circule de mains en mains donne toute sa matérialité à ce marché -, une autre mécanique vient s’enclencher, qui est celle du cœur, lequel n’a à priori rien à faire ici. Les frères Dardenne excellent à suivre leur héroïne dans ce qui l’amène ainsi à vouloir infléchir la réalité sordide du trafic dont elle est la pièce centrale, pour laisser parler la compassion, puis d’autres sentiments, plus complexes, liés aux directions surprenantes que prend le récit. On voit bien alors que, filmé par les deux frères, contrairement à leur habitude, de l’extérieur, avec le recul d’un regard attaché à ne rien perdre et à ne rien juger, ce ne sont pas tant les thèmes lourds de la chronique sociale – l’émigration, la drogue, la traite mafieuse – qui s’imposent qu’un itinéraire intérieur : celui d’une fille qui a la justesse de gestes, de regard, de voix de cette formidable révélation surgie de nulle part - du Kosovo - qu’est Arta Dobroshi, et qui, de vendue qu’elle est, trouve pour finir, dans une forêt qui a la profondeur étrange et symbolique des contes, la voie du rachat.
De Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Arta Dobroshi, Jérémie Renier et Fabrizio Rongione – Belgique, 1h45 – Pris du scénario, Cannes 2008.

 

 

Jar City - La Cité des Jarres
Image Un film brut et glacial, à l’image de son décor : l’Islande et la rudesse de sa nature ; et les Islandais, à l’unisson.
Quel rapport entre ce bébé qui meurt, porteur d’une maladie héréditaire étrange, et que son père cherche à identifier en remontant le fil des anomalies génétiques, et cette autre mort, elle violente, d’un vieil homme qu’on retrouve sauvagement assassiné ? Quel rapport si ce n’est d’abord celui d’un décor : l’Islande, le vent glacial qui souffle, la terre et la mer qui se confondent dans la grisaille brute de villes sans âmes, de landes rases, d’océan sauvage.
Le flic lui-même a cette rudesse : cabossé par la vie – sa fille se drogue, épave qui erre avec les voyous du coin –, il mène sa petite vie étriquée dans un immeuble sans grâce, rythmée entre deux bières par les repas qu’il rapporte du fast-food voisin et qu’il mange sur le coin de la table. Nourriture, au demeurant, qui tient particulièrement au ventre : des têtes de mouton, qu’il dévore en faisant craquer les os et dégouliner le jus, ce qui, par un effet de montage visant manifestement à soulever le cœur, est mis directement en relation avec d’autres chairs infectes, que l’enquête fait progressivement apparaître : des fœtus conservés dans le formol, un corps pourrissant et même, exhalant une odeur insupportable, un cadavre qu’on déterre...
Il y a comme une brutalité primitive qui rôde, non seulement dans la monstruosité des crimes, mais dans la trogne même des gens : un tueur sanguinaire et fou enfermé dans une cellule, un ancien flic pourri devenu comme une bête dans son antre, des relents de viols et de secrets enfouis et, couronnant le tout, une maladie génétique. Comme si c’était l’humanité même qui était pourrie. L’intrigue est ingénieuse, qui établira in fine le rapport entre les deux morts initiales, mais, au-delà de son aspect strictement policier, elle vaut surtout par l’enquête qu’elle mène sur un pays, sur les gens qui l’habitent, sur la société rude et qui garde quelque chose de primitif qui s’y est développée. Le polar ici joue, plus que jamais, comme un miroir grossissant.
De Baltasar Kormäkur, avec Ingvar E. Sigurdsson et Atli Rafn Siguoarson – Islande, 1h33.

 


Night and day
Image Un conte moral à la Rohmer, mais brut de décoffrage à la coréenne.
Pour son premier film tourné en dehors de son pays, Hong Sang-soo, un des maîtres du jeune cinéma coréen, a choisi tout naturellement Paris. A la fois parce qu’il y a lui-même longtemps séjourné lorsque, étudiant, il était venu y parfaire sa culture cinématographique. Mais aussi, et plus encore, parce que son propre univers semble sorti tout droit des Contes moraux de Rohmer. La ressemblance est patente dans ce “Night and day” qui voit un jeune peintre, qui a dû quitter la Corée pour se réfugier à Paris, téléphoner chaque jour à sa femme qui, elle, reçoit son appel de nuit. Deux temps, deux continents, deux mondes. Et pourtant, la même confusion des sentiments. Comme chez Rohmer, le personnage se trouve pris entre deux femmes, partagé entre la tentation de la fidélité à son épouse restée au pays, et celle du désir, en la personne d’une jeune étudiante rencontrée à Paris (et les jambes de la mignonne Yu-jeong font comme un subtil écho au genou de Claire). La différence tient à ce que le personnage, plutôt brut de décoffrage, n’a rien de la subtilité rhétorique des héros de Rohmer. Lui naviguerait plutôt dans la brume de ses pulsions : son principal motif d’inspiration, d’ailleurs, est de peindre des nuages. Et le fait que le film trouve son dénouement dans une cascade de surprises et de mensonges où chacun trouve finalement son compte traduit que le cinéaste, tout en montrant, comme dans ses films précédents, la vacuité des choses et le désenchantement du monde, ne veut pas la mort du pécheur…
De Hong Sang-soo, avec Kim Young-ho, Park Eun-hye et Hwang Soo-jeong – Corée du Sud, 2h25.

 

 

Bangkok dangerous
Image A Bangkok, un tueur professionnel, au contact d’un jeune pickpocket et d’une vendeuse sourde et muette, remet en question sa vie. Un auto-remake, par les frères Pang, d’un thriller d’action au style visuel toujours aussi efficace.
De Danny et Oxide Pang, avec Nicolas Cage et Charlie Young - E.-U., 1h35.

 

 


Be happy
Image Une institutrice de maternelle apprend l’optimisme à ceux qui l’entourent et répand le bonheur autour d’elle. Une chronique sociale pleine de tonus, de figures pittoresques et de joie de vivre.
De Mike Leigh, avec Sally Hawkins, Eddie Marsan et Alexis Zegerman – Angl., 1h58.

 

 

 

Leur morale et la nôtre
Image Un couple, adepte des produits « satisfait ou remboursé » de supermarché, découvre avec horreur que l’héritier de la voisine est un Arabe ! Une vision peu tendre et pas vraiment légère du Français moyen.
De Florence Quentin, avec André Dussollier et Victoria Abril – France, 1h36.

 

 


Rien que pour vos cheveux
Image Un agent du Mossad se fait passer pour mort et recommence sa vie comme coiffeur à New York. Une comédie très politiquement incorrecte, qui se moque de tout, même si c’est parfois inégal et plutôt lourd.
De Dennis Dugan, avec Adam Sandler, Rob Schneider, John Turturro et Mariah Carey – E.-U., 1h53.

 

 

 

Spirits
Image Un couple de jeunes mariés découvre que ses photos sont étrangement voilées. Puis ils sont témoins de phénomènes fantomatiques, dans la ligne attendue de films d’épouvante déjà vus, mais qui ne vous lâchent pas.
De Masayuki Ochiai, avec Joshua Jackson et Rachael Taylor – E.-U., 1h30.

 

 

 

Star wars – Clone wars
Image Entre l’Attaque des Clones et la Revanche des Siths, les chevaliers Jedi luttent pour maintenir l’ordre et restaurer la paix. Le premier long métrage animé sur la saga de George Lucas : ça sent son produit dérivé.
Un film d’animation de Dave Filoni – E.-U., 1h30.

 

 

 

Un mari de trop
Image Une animatrice de radio spécialisée dans les problèmes de cœur pour les autres se débat comme elle peut avec les siens propres. Une comédie romantique un peu endormie, que même Uma Thurman n’arrive pas à réveiller.
De Griffin Dune, avec Uma Thurman, Colin Firth et Sam Shephard – E.-U., 1h30.

Publié dans : , Interviews
Tags : Grenoble, Silence de Lorna, Be happy, Night and day, Jar City, Bangkok dangerous, Rien que pour vos cheveux, Spirits, Star wars

Commentaires utilisateurs (0) Fil RSS des commentaires

Aucun commentaire posté

Ajouter votre commentaire

 
< Précédent   Suivant >

Les critiques Cultures

Le top 5: Ecoutez et votez !

21 quay
21 quay
(3340 votes)
SPOCK MARLONE SECTION...
Mademoiselle Eiffel
Mademoiselle Eiffel
(463 votes)
L'AMUSE GUEULE...
Métro Boulot Bobo
Métro Boulot Bobo
(476 votes)
L'AMUSE GUEULE...
Fiasco Total
Fiasco Total
(2624 votes)
LIGA...
Grenoble, Grenoble
Grenoble, Grenoble
(410 votes)
THE BILLY MONTOYA EXPERIENCE...

Les articles de la scène locale

article thumbnail leftVidéo : Pat joue de la gratte
mercredi 19 novembre 08

Mercredi soir, la Chaufferie accueille Pat, chanteur Grenoblois et gratteux qui a bien roulé sa bosse. Laurent Blanchard est allé se prendre quelques coups de...

Autres Articles


Vos agendas


 

Sports

article thumbnail leftFootballLes Red Kaos organisent une collecte
mercredi 19 novembre 08

Les Red Kaos organisent une collecte alimentaire ce samedi 22 novembre, avant la rencontre entre le GF38 et Le Havre. Des stands seront placés devant les différentes...

Autres articles

Actualités politiques

article thumbnail left11 millions... et une trentaine de squatteurs
mardi 18 novembre 08

Voici le titre du film de lundi dernier en mairie. C'était le conseil municipal, le débat d'orientation budgétaire, et un peu le bordel aussi. 11...

Autres Articles

Les dernières critiques ciné

 
Harcelés
Categorie: Drame
 
Séraphine
Categorie: Drame
 
Afterschool
Categorie: Drame
 
Apaloosa
Categorie: Drame
 
Cliente
Categorie: Comédie

Internet

article thumbnail leftUn «Thriller» a capella qui fait un carton
mercredi 19 novembre 08

Ah, «Thriller», Michael Jackson, les années 80... Que de souvenirs. Pour François Macré, c’est plus que jamais le présent : il a mis en ligne sur son Myspace une version de ce tube un peu spéciale, a capella.

Autres articles

L'ANNUAIRE

Agenda cultures