| Ecrit par Jean Serroy, le 18-04-2008 23:06 |
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Sur les traces de Bébel et de Steve Mc Queen, Jean Dujardin incarne, dans “Cash” (sur les écrans le 23 avril), un arnaqueur au charme irrésistible. Rencontre avec le nouveau chouchou du cinéma français.
Votre personnage de “Cash”, pour arnaquer, doit forcément cacher son jeu, au pigeon bien sûr, mais aussi au spectateur, sous peine de voir son arnaque éventée. Comment donc jouer un tel personnage et faire en sorte qu’aucune information ne filtre ?
Justement, on ne joue pas. Ou plutôt on ne joue que l’instant, la situation, en essayant de faire juste ce qu’il faut et pas plus. Ce qui naturellement rend très compliqué la fabrication du personnage. En fait, on joue le genre.
Mais sans second degré comme dans la parodie ? Oui, Sur ce plan, le plaisir du jeu est différent : ici, il est dans la réserve. Dans “OSS 117”, il était plus fort, plus incarné, d’autant que là j’avais le premier, le second, le troisième, le quatrième degré… Ceci dit, ici, je suis naturellement beaucoup plus dépendant de mes partenaires, du fait même qu’il importe que mon personnage la joue modeste, caché. Et, ça, c’est un plaisir supplémentaire, celui de la préparation, de l’échange, de l’équipe : le métier, je le vois comme ça.

N’empêche que vous êtes devenu une énorme vedette : un récent sondage fait apparaître que vous êtes l’acteur dans lesquels les jeunes se reconnaissent le mieux. Je me préserve de la notoriété, j’en suis intact, même si je sais que désormais je suis “bankable”. Sur “Cash”, comme sur tous mes films, je suis venu sur le plateau avec le désir de défendre au mieux ce projet-là, je ne me suis pas présenté avec mes médailles. Et quand je fais “Cash”, je fais “Cash”, sans penser à ce qu’il y a au-dehors, ni même à ce que j’ai tourné avant. Le vrai problème de ma situation actuelle, mais je ne m’en plains pas, c’est qu’on me propose énormément de choses. Je lis moi-même tous les scénarios, et j’en refuse beaucoup.

On doit vous dire sans arrêt que vous avez du charme ? Vous vous trouvez vous-même comment ? Je vis avec moi depuis 35 ans, je me trouve pas mal, mais je ne peux pas m’imaginer d’être “trop beau”, comme on me le dit. Après “OSS 117”, il y a plusieurs actrices qui m’ont téléphoné pour me vanter ma séduction et pour me dire que si je voulais l’exercer sur elles, elles étaient prêtes. Ça, je n’aime pas vraiment, j’ai du mal à le supporter.
Et Alexandra Lamy, comment la trouvez-vous ? Moi je sais que c’est une très grande comédienne. Jusqu’à présent, on lui a proposé surtout des comédies romantiques, des trucs dont elle commence à avoir marre. Elle est en train de tourner avec François Ozon, et je sais que pour elle ça va être un tournant. Après elle enchaînera sans doute avec un projet qu’elle a sur les Camisards, avec François Dupeyron. J’aimerais bien la diriger un jour. Et j'aime quand on est tous les deux, tous les cinq en fait, avec nos gosses. En famille et dans l’intimité….
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