| Spaggiari, Robin des Bois |
Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’histoire de Spaggiari ?
Tout ce que vous racontez dans le film est-il authentique ?
Ce goût de la reconnaissance et de la célébrité, est-ce quelque chose que vous, les acteurs, partagez ? Non, pas de la même façon. Chez Spaggiari, la célébrité, c’était un but. Il visait la gloire. Chez un acteur, la gloire, si gloire il y a, n’est jamais que la conséquence de son travail. Le seul avantage qu’il y a, dans ce métier, à être un peu connu, c’est que ça vous donne une certaine liberté pour mener votre carrière, et que ça vous facilite les choses. Pourquoi avez-vous tenu à réaliser vous-même le film ? Au départ, ce n’était pas prévu. C’est mon co-scénariste qui, alors que nous écrivions le film et que nous discutions de la façon dont on pourrait le tourner, m’a convaincu que le mieux serait finalement que ce soit moi qui le réalise. Je me suis pris au jeu, et, du coup, j’ai essayé de faire ce que j’avais en tête, y compris en me nourrissant de toute une série de films et de séries auxquels j’ai pensé : pêle-mêle, L’Affaire Thomas Crown, Mannix, Il était une fois en Amérique, Husbands, Blow-up, et même L’Eté meurtrier, qui est pour moi un grand film. Il y a de la fantaisie dans votre film, mais pas seulement… En effet. Ce personnage a quelque chose d’amusant, un côté farces et attrapes d’enfant qui se déguise. Mais, en même temps, j’ai voulu montrer que, derrière cet aspect-là, il y a aussi quelque chose de plus gris, de plus glauque. Et je n’ai rien caché de ses ambiguïtés, de son côté ancien d’Indo, raciste et colonialiste. Comme tout homme, il est complexe : ni tout blanc ni tout noir.
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Pour raconter “Sans arme, ni haine, ni violence” (sortie mercredi 16 avril) les aventures d’Albert Spaggiari, l’auteur du casse du siècle, Jean-Paul Rouve privilégie le côté acteur d’un personnage sans cesse en train de se déguiser et de jouer la comédie : un Robin des Bois de plus, en quelque sorte…
Tout est vrai, sauf le personnage de flic qu’incarne Gilles Lellouche. En fait, il y a bien eu un reporter de Paris-Match qui a été en contact avec lui, mais nous l’avons transformé dans le scénario, pour créer ces liens particuliers, qui vont quasiment jusqu’à la compassion, qui se nouent entre ce flic en mission et l’homme qu’il est chargé d’arrêter. Ce sont ces rapports humains qui sont au centre de mon film, comme c’était le cas dans un film auquel j’ai pensé, “Presque célèbre” de Cameron Crowe. Pour le reste, on a lu à peu près tout ce qui existe, rencontré des gens qui l’ont connu, notamment son avocat, l’ex-maire de Nice, Jacques Peyrat. Et on s’est méfié de sa propre autobiographie, dans laquelle il raconte n’importe quoi pour s’inventer une vie à sa mesure. 


















