| Ciné : les sorties du 3 septembre 2008 |
Inju, la bête dans l’ombre, de Barbet Schroeder Un polar mi-hollywoodien mi-japonais, qui fonctionne sur la manipulation en tous genres.
La séquence d’ouverture d’“Inju” en donne parfaitement le ton : sur fond de kimono et de cérémonie du thé, un meurtre d’une violence inouïe, avec tête coupée qui roule et sang qui éclabousse. Mais avec, aussi, quelque chose d’outré dans le ton, de théâtral dans les gestes et les voix, qui donne le sentiment qu’on est non pas dans la réalité mais dans sa mise en scène. Et, de fait, c’en est bien une : lorsque le meurtrier, au masque terrifiant, s’éloigne dans la foule, un générique apparaît, montrant que c’était bel et bien à un film que l’on assistait. “Inju” commence ainsi, en quelque sorte, par la fin, et par une manipulation du spectateur qui se trouve de la sorte embarqué dans un film de genre à la japonaise. Ce qui n’est pas gratuit puisque, au bout du compte et du film lui-même, la manipulation se révélera bel et bien être le sujet même de l’entreprise. L’histoire racontée embarque en effet de la même manière un jeune écrivain français de polars, qui part pour essayer de rencontrer le romancier japonais dont il s’inspire dans ses propres romans, personnage aussi célèbre dans son pays que nimbé de mystère, puisque personne ne l’a jamais vu. L’enquête qu’Alex Fayard va dès lors mener sur l’étrange Shundei Oe vaut tout autant pour son aspect dramatique – un suspense très hitchcockien, fondé sur le vertige d’une intrigue à double fond – que pour le choc qu’il crée en mettant aux prises un Occidental et un maître oriental qu’il vient défier sur ses terres. Un peu comme Barbet Schroeder lui-même, parti au Japon tourner un film de genre japonais, avec sa manière et son savoir-faire très hollywoodiens. Sans oublier cette dose d’ironie bien française qui prend subtilement ses distances avec ce qu’il montre, tout en jouant parfaitement le jeu d’un thriller alliant ce cocktail de perversité, d’érotisme et de jeu trouble qui fait la marque de son cinéma. Que le film, un peu trop appliqué à être rationnellement explicite, ne tienne pas jusqu’au bout ses promesses ambiguës n’enlève rien au plaisir tout simple qu’il procure : celui de se laisser prendre à une histoire de cinéma, où c’est forcément la fiction qui prend le pas sur la réalité. Avec Benoît Magimel, Lika Minamoto et Gen Shimaoka – France, 1h45.
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Christophe Colomb, l’énigme (de et avec Manoel de Oliveira, et avec Ricardo Trepa et Leonor Baldaque – Portugal, 1h15). Un professeur passe plus de cinquante de sa vie à rechercher les origines (portugaises ?) de Christophe Colomb. L’humanisme universel du plus âgé (100 ans !) et du plus jeune des cinéastes.
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Troupe d’élite (de José Padilha, avec Wagner Moura, Caio Junquieira et André Ramiro – Argentine, 1h55. – Ours d’Or, Berlin 2008) Le chef du Bataillon des Opérations Spéciales de Rio doit quitter son poste : deux jeunes recrues, amis d’enfance, briguent le poste. Une plongée musclée et spectaculaire dans la violence des favelas. 



















