| Ciné: les sorties du 5 novembre 2008 |
La très très grande entreprise, de Pierre Jolivet Une vision écolo-socio-politique à gros traits, qui, sous son petit côté innocent de comédie naïve, peine à convaincre.
Pour ce qui est des clichés, dans le film de Pierre Jolivet, il n’y a pas photo. D’abord avec la vision qu’il choisit de l’entreprise : pas la petite, artisanale qui, elle, est pure et malchanceuse, comme dans le film qu’il lui avait déjà consacré, mais la très très grosse, multinationale, sans âme et sans cœur, polluante et voulant la mort de la planète. Ensuite avec le trio autour duquel il organise son intrigue : ces trois-là, des petits, des sans-grade, victimes de ladite firme qui, par suite d’une contamination camouflée, leur a bousillé leur vie, décident d’aller chercher au cœur même du pouvoir – le siège de la société, dans une tour de la Défense – les preuves de sa culpabilité. Voilà donc les trois personnages transformés en justiciers, avec un côté Robin des Bois que ne manque pas de souligner la présence au sein du trio de Jean-Paul Rouve. Les malheureux pots de terre contre le méchant pot de fer entreprenant de percer la défense d’une tour symbolique de tout un système : le cinéaste, dans sa croisade vertueuse, n’y va pas avec le dos de la louche ! Et sa peinture sociale offre des traits si appuyés qu’on a quelque peine à ne pas y sentir quelque penchant caricatural… Du côté du film à thèse, donc, on est servi ! Reste l’autre côté, plus original, qui est de choisir, pour s’attaquer à l’énorme multinationale, trois pieds-nickelés qui s’embrouillent les plans en route, mais dont le côté bricoleur finit par triompher de la grosse machine bien huilée. Le film, ici, joue son vrai jeu, qui est celui d’une comédie gentillette, où la présence au sein du trio d’un gentil gay permet aux deux qui restent, un garçon, une fille, de tisser des liens affectifs qui ajoutent le soupçon de sentiment attendu. Quant à la façon dont ils s’y prennent pour pénétrer au saint des saints, ça piétine un peu, mais ça ne manque pas parfois de saveur légère. Bien légère… -------------------------------------------------------------------------------------------------
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Bouquet final (de Michel Delgado, avec Didier Bourdon, Marc-André Grondin, Bérénice Béjo et Gérard Depardieu - France, 1h41). Il rêve de composer des musiques de film, mais, pour vivre, il accepte de travailler dans les pompes funèbres. Petites turpitudes et gros comique : l’ensemble est plutôt lourd…
Les Bureaux de Dieu (de Claire Simon, avec Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré et Rachida Brakni – France, 2h02). Dans une permanence du planning familial, des conseillères reçoivent les femmes qui viennent les consulter. A partir d’entretiens réels développée sous forme de fiction, une passionnante enquête sur la sexualité aujourd’hui.
Mensonges d’Etat (de Ridley Scott, avec Leonardo DiCaprio, Russel Crowe, Carice Van Houten et Mark Strong – E.-U., 2h08). Un agent de la CIA, ex-journaliste, et un vétéran des renseignements américains font équipe en Jordanie pour traquer un des leaders d’Al Qaida. Espionnage et terrorisme au programme d’un thriller pas aussi original qu'on aurait pu s'y attendre.
Mon espion préféré (de George Gallo, avec Antonio Banderas, Meg Ryan, Colin Hanks et Selma Blair – E.-U., 1h37). Un agent fédéral se retrouve devoir enquêter sur sa mère, dont la sexualité est en ébullition, et sur l’amant de celle-ci, soupçonné de trafic d’œuvres d’art. Une comédie policière qui ne trouve pas toujours le bon tempo.
Quatre nuits avec Anna (de Jerzy Skolimowski, avec Artur Steranko et Kinga Preis – Pologne, 1h27). Un employé d’hôpital, autrefois accusé de viol, observe en permanence une infirmière, jusqu’à pénétrer de nuit dans sa chambre. Un film troublant, qui marque le grand retour d’un cinéaste important.
Saw 5 (de David Hacki, avec Tobin Bell, Costas Mandylor et Scott Patterson – E.-U., 1h35). L’héritier du Tueur au puzzle, pour cacher son secret, est amené à éliminer tous les obstacles. La suite d’une série d’épouvante devenu quasiment culte. Mais, à force de tirer sur la ficelle de l’horreur, celle-ci a tendance à se détendre… 



















