| Ecrit par Jean Serroy, le 08-10-2008 19:00 |
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Vicky Cristina Barcelona, de Woody Allen
Les surprises de l’amour, dans une comédie élégante et pleine de charme, où Woody Allen se prendrait presque pour Rohmer.
Cela pourrait être un conte moral, qui raconterait comment deux amies, Américaines débarquant à Barcelone pour y passer l’été, vont être tour à tour séduites par un beau Catalan, peintre de son état, qui se trouve lui-même toujours lié à une épouse dont il est séparé mais avec qui il n’a en fait jamais coupé les liens. La voix off qui raconte et commente l’action, le va-et-vient des personnages, une légèreté du propos qui colore en permanence le récit, même lorsque celui-ci côtoie le sérieux et le grave : tout fait penser à une de ces comédies du sentiments où Rohmer est passé maître. D’autant que les deux amies en question se trouvent confrontées à la même expérience, mais chacune avec une idée de l’amour qui les distingue radicalement : l’une, Vicky, la brune, qui va se marier, imagine son futur dans un cadre raisonnable d’épouse fidèle ; l’autre, Cristina, la blonde, n’a nulle envie de se fixer et entend vivre à plein toutes les expériences, sans savoir trop d’ailleurs ce qu’elle y cherche. Lorsque l’homme paraît, sous les traits éminemment virils et séduisants de Javier Bardem, une sorte de réaction se produit qui fait que la plus raisonnable perd la tête (et le reste) la première. Puis, reprenant ses esprits, elle laisse la place à sa copine. Mais l’amour a ses raisons que la raison ne connaît pas, et ce qu’il va advenir des démêlés sentimentales de l’une et de l’autre, compliqué par le surgissement de l’épouse délaissée – une Espagnole au sang chaud et au charme ravageur de Penélope Cruz – va montrer qu’en matière d’amour, il ne faut jurer de rien. Woody Allen mène tout ça avec une élégance qui donne au film un côté constamment pétillant, qui n’exclut ni un côté épicé à la catalane ni un arrière-goût un peu mélancolique. Et le charme du décor et des interprètes est à l’unisson du charme de sa comédie. Avec Javier Bardem, Penélope Cruz, Scarlett Johansson et Rebecca Hall – E.-U., 1h37. Being W. (un documentaire de Karl Zéro et Michel Royer – France, 1h31). George Bush passé à la moulinette satirique, avec voix postiche d’imitateur, par Karl Zéro qui, après Chirac et Sarkozy, règle son compte au président sortant des Etats-Unis.
Blindness (de Fernando Meirelles, avec Julianne Moore, Mark Ruffalo, Danny Glover et Gael Garcia Bernal – Brésil, 2h01). Une épidémie de cécité s’abat sur une métropole, semant la terreur et faisant retomber les hommes, parqués dans des camps, dans une violence primitive. Une parabole intrigante, mais un peu pesamment surchargée.
Eden Lake (de James Watkins, avec Kelly Reilly, Michael Fassbender et Jack O’Connell – Angl., 1h31). Un couple qui vient pour passer un week-end romantique au bord d’un lac doit affronter une bande d’adolescents agressifs. Le résultat est plutôt brutal, comme le veut le genre.
El Otro (d’Azriel Rotter, avec Julio Chavez , Maria Onetto et Ines Molina – Argentine, 1h23). Un homme découvre que son voisin de voyage est mort. Presque par jeu, il décide de prendre son identité. Une métaphore étrange sur le double qui a remporté l’Ours d’argent à Berlin.
Fracassés ! (de Franck Llopis, avec Vincent Dasagnat et Edouard Moutoute – France, 1h30). Une journée type dans la vie de Pedro, Jean-Paul, Alice, Olivier, avec chacun leurs petites combines, du petit délinquant au fils à papa. Une comédie de banlieue…
Khamsa (de Karim Dridi, avec Simon Abkarian, Marco Cortes et Raymond Adam – France, 1h50). Un gamin de 11 ans, en fugue, rencontre sur sa route deux autres garçons, avec qui il forme un trio qui plonge dans la délinquance. Un regard sensible porté sur l’enfance et la misère sociale.
Là-bas, il fait froid (de Mansur Tural, avec Farzin Karim Sharos et Ahmet Zirek - France, 1h25). Cinquante ans après une insurrection et les pendaisons qu’elle a entraînées, un village du Kurdistan turc revit les mêmes horreurs. Un sujet fort, mais dans un film confus, aux symboles lourdement appuyés.
La Frontière de l’aube (de Philippe Garrel, avec Louis Garrel, Laura Smet et Clémentine Poidatz - France, 1h45). Une star, délaissée par son mari, et un photographe qui vient faire un reportage sur elle, deviennent amants. Le cinéma à fleur de peau de Philippe Garrel, avec un couple d’acteurs très générationnels.
La Loi et l’ordre (de Jon Avnet, avec Al Pacino et Robert de Niro– E.-U., 1h40). Deux flics, qui font équipe, doivent résoudre une série de meurtres dont l’auteur pourrait bien être lui-même de la police. Un honnête thriller, ingénieusement construit, qui vaut surtout par le face à face De Niro – Pacino : qui dit mieux ?
Super Blonde (de Fred Wolf, avec Anna Faris, Colin Hanks et Emma Stone – E.-U., 1h37). Une pin-up, injustement mise à la porte, se retrouve dans une communauté d’étudiantes menacées d’expulsion, qu’elle transforme en créatures de rêve. Le teen movie à la sauce Playboy…
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