Ces derniers mois, on a beaucoup parlé de Mathias Malzieu l’écrivain, petit ami d’Olivia Ruiz, ou de l’adaptation au cinéma (par Luc Besson) de son livre-CD “La mécanique du cœur”. Puisque le leader de Dionysos sera en concert le 21 mai au Summum, et si on revenait à l’essentiel: à la musique et au rapport à la scène ? Interview.
Pour vous, une chanson est un 110 m haies. Alors un concert, c’est quoi ? Un marathon avec des haies ?
C’est ça ! Pour moi, c’est aussi comme un film ou un livre: une façon de raconter une histoire, de se présenter aux gens. La scène, c’est l’endroit où tout est possible, l’endroit où on a le droit d’avoir quatre ans et demi, d’être triste, heureux, en colère, sans aucune barrière... 
Vous êtes le meilleur groupe scène en France mais n’avez jamais obtenu de Victoire de la musique. Un commentaire ?
Au moment précis où Olivia Ruiz a gagné l’an dernier, j’ai ressenti une joie peu commune. Alors c’est vrai qu’on s’en fout des prix, parce que ça ne dure que quelques secondes, que c’est moins important qu’un Olympia, qu’une grande tournée, qu’avoir Jean Rochefort qui joue dans son clip… Mais sur le moment, c’est génial. Et cette année, puisqu’on était nommé deux fois, j’aurais aimé qu’on gagne pour partager cette euphorie, cette adrénaline, avec le groupe.
Et puis c’est une des rares occasions de chanter en live à la télévision…
Nous sommes les premiers à défendre une certaine culture alternative. Mais refuser de jouer dans des trucs grand public, c’est se mordre la queue, s’enfermer un peu plus dans un ghetto. Il y a des choses que je refuse de faire à la télé, comme du play back, parce que c’est du foutage de gueule. En revanche, chaque fois qu’on nous propose du live, on y va direct !
L’étiquette “bête de scène” n’est-elle pas trop lourde à porter ? Car on ne vous pardonne jamais un “coup de moins bien”… C’est un défi permanent. Quand on n’est pas connu, on doit faire le maximum pour essayer de faire passer son univers en quelques minutes. Mais quand le public est acquis, c’est tout aussi difficile, et il faut aussi faire le maximum parce que les gens attendent qu’on leur donne tout.
Ce que vous avez fait à Grenoble. On se souvient de vos passages au Magic Bus, au Summum…
Le Magic Bus, quel grand souvenir ! On avait donné ensuite un concert dans une cantine de fac et si je m’en souviens, c’est parce que c’était la première fois qu’on avait un camion. Je garde aussi un beau souvenir du Summum. D’abord parce que je suis de Valence et que venir à Grenoble, où j’ai beaucoup fait la fête, c’est toujours un plaisir. Et puis aussi parce qu’au Summum, j’ai vu Nirvana juste avant la mort de Kurt Cobain. Alors oui, ça fait un drôle d’effet d’être un jour sur la même scène que lui. C’était assez émouvant.
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