| BB Brunes: "Pas envie de finir comme Tokio Hotel" |
Les "bébés rockeurs" seront le 11 avril au Summum. Adrien, le chanteur, auteur et compositeur, était il y a quelques jours au bout du fil. Il a dix-neuf ans alors on lui a dit "tu". Interview.
Comment es-tu devenu un bébé rockeur ? Mon père écoutait du classique, d’ailleurs il m’a acheté un piano quand j’avais cinq ans pour que je m’y mette. Ma mère ? Variété française: Axelle Red, Céline Dion, ce genre de trucs... En fait, quand mes parents ont divorcé, j’ai découvert le rock par mon beau-père qui jouait dans un groupe. Le premier album qu’il m’a acheté, c’était Hendrix, «Are You Experienced». J'avais onze ans. C’était dans l’esprit du début de mon adolescence. Ensuite, c’était Clash, les Ramones, Bowie… et le punk de 1977. J'aimais le son, les mélodies, l'attitude... Au départ, tu chantais en anglais parce que tu trouvais que le français sonnait mal. Pourquoi as-tu changé d’avis ? J’ai essayé et finalement, j’aime beaucoup écrire en français, comprendre ce que je dis, travailler les mots. Je pense aussi que Gainsbourg a eu son influence. J’ai tout écouté et je suis tombé amoureux de sa façon d’exploiter le français. Quand j’écoute Gainsbourg, je trouve ça classe. Et quand des filles hurlent pendant vos concerts, dans une ambiance “Tokio Hotel light”, tu trouves aussi ça classe ? Je prends ça à la rigolade. C’est vrai que ça peut être flippant parce qu’on n’est plus dans le réel: ces filles sont amoureuses d’un fantasme, elles ne sont pas amoureuses de moi. Ça permet de garder les pieds sur terre, d’éviter de prendre le melon. Nous, on fait de la musique, on se concentre là-dessus, on veut faire kiffer les salles, voilà. Bien sûr, je n’ai pas envie de finir comme Tokio Hotel... Mais ce qui me rassure, c’est que c’était le même schéma avec les Beatles et les Stones qui, au début, étaient des groupes de minettes. A nous de prouver qu’on est de vrais musicos, qu’on a des choses à défendre... Je pense sans prétention que c’est le cas, donc j’ai confiance. Même si je sais bien que le plus dur n'est pas de percer mais de confirmer. C'est ça, l'angoisse de l'artiste. Dans ce métier, on peut redescendre très vite... BB Brunes au Summum le 11 avril. 21,7 €.
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