| Cali: "Les jeunes ont l'éternité dans les yeux" |
Cali en concert au Summum le jeudi 20 mars. L'artiste engagé chantera "L'espoir". Interview. On pense à Cali, forcément, on pense à la scène. Comment arrive-t-on à prendre toujours le même plaisir ? Disons que pour justifier le fait de quitter sa maison, sa famille, ses mômes, ses proches, sa vie de tous les jours, il faut que ça vaille le coup. Pour moi, oui, la scène reste un plaisir total, parce qu'on se renouvelle. J'ai besoin qu'il y ait à chaque fois des choses un peu extraordinaires qui se passent. C'est un peu comme quand on prépare un petit cadeau pour Noël, on a hâte de voir la tête de celui à qui on va l'offrir. Je suis donc très impatient de voir la réaction du public Votre nouvel album, "L'espoir", c'est le disque d'un papa qui s'inquiète ? D'un grand frère qui demande aux jeunes de ne pas baisser les bras ? En même temps, ce n'est pas plus moralisateur que cela. Je suis citoyen et je vis avec mon temps. Quand je suis largué, je fais un album là-dessus. Quand j'ai des histoires d'amitié, j'écris là-dessus. Et là, comme tous les Français, j'ai vécu un traumatisme très important avec l'élection présidentielle. Qu'on soit de gauche, de droite, peu importe, c'était très violent. Et ça m'a fait venir des chansons. Mais le côté humour est toujours là, parce que c'est ce qui nous tient en vie. Moi, j'ai beau chanter des choses qui me tiennent à coeur, mes amis m'invitent toujours dans des soirées dans déconner. Le titre de l'album, "L'espoir", référence à Ferré, s'est-il imposé comme une évidence ? Ferré, c'est tout. Cet album de 1974 est un vrai pilier de la chanson en France. Et puis oui, l'espoir, c'est ça, c'est les mômes de dix-neuf ans qui descendent dans la rue, qui gueulent, qui disent: "Ce que vous nous proposez, on n'en veut pas". Je pense qu'il faut les suivre, car ce sont eux qui ont l'éternité dans les yeux. Vous avez soutenu Royal, vous venez de manifester à Perpignan. Vous fixez-vous des limites pour que Cali l'engagé ne fasse pas trop d'ombre à Cali l'artiste... Je suis très cash. Je suis de gauche, je ne le cache pas. Et je vis à l'instinct, je ne calcule pas. Quand on calcule trop, on s'éloigne de soi-même. J'ai soutenu Ségolène Royal parce que j'y croyais et je suis allé défendre à Perpignan les manifs contre des lignes à haute tension qui vont défigurer notre très belle région. Mais je n'ai pas peur d'aller trop loin parce que les concerts restent des moments de fête et pas des meetings... Malgré tout, vous ne pensé pas que ce serait le bon moment pour reformer votre vieux groupe de punk au nom si poétique ? "Pénétration anale"! C'est rigolo ça, parce que si on m'avait dit qu'on me reparlerait encore de ce groupe en 2008, je n'y aurais pas cru. Oui, peut-être qu'on va refaire quelque chose, tiens, c'est une idée. Je vais appeler mes potes...
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