| Sinik : "Grenoble a une scène rap active et talentueuse" |
Vous avez sorti en décembre dernier votre troisième album en quatre ans. Quel est le secret de votre régularité? C'est un travail acharné. Et pourtant, vu que l'on fait cela avec passion, on n'a pas le sentiment que c'est du travail. Même si tout cela demande du temps et que j'ai eu très peu de repos ces dernières années. Mais tout cela me fait kiffer Depuis votre signature en maison de disques, vous avez véritablement changé de monde... Il n'y a qu'à voir en termes de chiffres: c'est éloquent. Je suis passé de 40 000 unités de mon street-album vendus, lorsque j'étais encore indépendant, à 250 000 pour mon premier album. Cette signature en maison de disques m'a permis de mettre le pied à l'étrier pour aller à l'étage supérieur. Vraiment, ce n'est pas négligeable tout ce que cela m'a apporté. Ça m'a permis d'aller plus haut. D'où le titre de votre nouvel opus "Le toit du monde" ? Non, pas du tout. Ce titre n'a rien de prétentieux. C'est une image en référence au premier extrait de l'album "De tout là-haut" et il marque ma volonté de prendre de la hauteur, du recul sur le monde. D'ailleurs, dans mon opus, je parle tant de l'Essone que du Gabon... J'ai essayé d'avoir un regard assez large. "Le toit du monde" marque une véritable envie de s'ouvrir... C'est un choix personnel mais aussi un besoin. Je ne voulais pas me contenter de refaire les mêmes choses. J'ai donc bossé sur des productions différentes, j'ai tenté d'apporter plus de matière pour satisfaire ma volonté de surprendre. Avec le temps, je suis aussi devenu plus curieux, plus mûr et cela m'a poussé à m'ouvrir. Nous, les rappeurs, on se plaint souvent d'être renfermés. Il ne faut pas aussi qu'on contribue à cela... Mon duo avec James Blunt symbolise parfaitement cette volonté d'ouverture. Votre actualité a aussi été marquée ces derniers mois par les attaques de "collègues" rappeurs dont vous avez été la cible (Booba, Kizito...) Déjà dans ce milieu, les collègues, ça n'existe pas. Et puis les jaloux parlent parce qu'ils vendent moins de CD que moi. Ce sont des grandes gueules qui, lorsque tu les rencontres en soirée, te sourient et t'offrent un verre de champagne. Mais bon, c'est le propre de la race humaine. Ils sont aigris... Pendant qu'ils vendent 2 000 opus en une semaine, nous on vendons 30 ou 40 000. Quelles nouveautés avez-vous apportées sur scène pour cette nouvelle tournée ? Il y aura plus de vidéos. On a aussi nos propres ingénieurs "son et lumières". Il est clair qu'en terme d'effectif, on bénéficie d'une équipe plus importante. Il y a aussi un décor avec un concept. A l'image de ce troisième album, j'ai essayé d'aller plus haut, de donner un véritable show aux personnes qui vont se déplacer. Je vais faire en sorte qu'elles se muent en supporters et qu'elles sortent de la salle en n'ayant plus de voix.
Votre dernier concert à Grenoble remonte à 2004. C'était juste avant votre signature en maison de disques, à l'Art scène, devant moins de 100 personnes... Et j'espère revenir à Grenoble le plus vite possible ! Ce n'est pas nous qui nous occupons de la programmation de la tournée et il y a plusieurs villes dans lesquelles nous aimerions bien jouer. Ce serait avec plaisir. Même s'il n'y avait qu'une centaine de personnes, ça avait bien déchiré. Grenoble a un bon public rap et une scène active et talentueuse. A l'image de Jeff le Nerf avec qui j'avais fait un duo il y a deux ou trois ans.
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Le rappeur était de passage... à Lyon. Dans cette interview, il nous parle de son succès, de son dernier album. des attaques qu'il a subies. Mais aussi de Grenoble et de Jeff Le Nerf. 






















