| Tomer Sisley: "A Grenoble, j'ai fait ma guerre d'Indochine" |
Le comédien, en fin d'année 2008 au cinéma dans "Largo Winch", sera le 22 février au Théâtre de Grenoble. Vous pouvez gagner des places sur Grenews.com. Interview.
Tomer, fin janvier, vous étiez invité au Festival du film de comédie de L'Alpe-d'Huez. Un matin, vous êtes parti sur des skis. Vous nous racontez la suite? J'adore tout ce qui est sports extrêmes alors j'ai tenté un saut de vingt mètres. Résultat? Six fractures, la main broyée et le plus chaud, c'est que je me suis abîmé la colonne vertébrale. Aujourd'hui, je pourrais être dans un fauteuil roulant. Mais j'ai eu beaucoup de chance et je continue la tournée, comme prévu... Mauvais souvenirs toujours: il y a quelques années, vous faisiez la première partie de Jamel Debbouze au Summum. Et vous n'aviez pu aller au bout de votre prestation... Aujourd'hui, j'en parle en me marrant, un peu comme ceux qui ont fait la guerre et qui racontent ça avec le sourire. On peut dire que c'est à Grenoble que j'ai fait ma guerre d'Indochine. Dans d'autres villes, ça n'a pas été facile non plus: je jouais devant le public de Jamel donc il y avait toujours des spectateurs qui me demandaient de me barrer, qui me sifflaient, mais j'arrivais toujours à retourner la situation en deux minutes et quelques vannes. Ceux qui me huaient, à la fin, se marraient. Mais à Grenoble, je n'ai pas réussi. Tout ça à cause d'un mec que je n'ai pas réussi à calmer, qui parlait très fort pendant mes vannes et qui a réussi à me niquer mon spectacle. Mais avec le recul, je suis content d'avoir vécu cette expérience. Maintenant, je suis armé, dès que quelqu'un me cherche, je suis prêt, je le défonce direct avec une vanne. Vendredi 22 février, à Grenoble, vous ne risquerez rien. C'est votre public, il a payé pour venir vous voir, donc ce sera plus facile... C'est clair! Les mecs me connaissent donc ça ira. Mais j'appréhende quand même un peu... Pourquoi? Parce que ça fait un an que je ne me suis pas retrouvé seul sur scène. Il y a eu la préparation de Largo Winch puis le tournage. Je suis donc dans la situation du mec qui va replonger dans l'eau froide. Mais comme j'y suis déjà allé avant, je sais que l'eau est bonne quand on est dedans. Et vraiment, j'ai hâte de retrouver le public, avant de passer à autre chose. En parlant de passer à autre chose, aurez-vous toujours le courage d'écrire et d'affronter un public, alors que Largo Winch devrait vous installer pour longtemps dans les acteurs qui comptent? Je n'en sais rien. Si je suis si fier de ce spectacle aujourd'hui, c'est parce qu'il est l'accomplissement de sept ans de travail. Oui, sept ans! Moi, je suis incapable d'écrire en six mois. C'est impossible. Il me faut des années de tests, des années pour peaufiner, pour réfléchir à ce que je vais raconter. Franchement, j'aimerais bien, une autre fois, me relancer un tel challenge, et faire un second spectacle. Mais est-ce que j'en aurai le temps et le courage? J'espère que oui. Parlons un peu de cinéma. Pour Largo Winch, il paraît que le réalisateur, Jérôme Salle, a refusé qu'on lui impose Magimel ou Vincent Cassel, parce qu'il vous voulait, vous! Et c'est génial. Mais ce n'est pas non plus comme si j'avais gagné au Loto. Ce rôle, c'est l'accomplissement de mon travail, de mes progrès. C'est la preuve que quand vous bossez pour quelque chose, vous y arrivez. Jérôme Salle m'avait vu dans "Truands", dans "Virgil". Il avait aussi vu mon spectacle. J'ai eu de la chance qu'il me prenne. Mais quelque part, je me dis aussi que je le mérite un peu. Il est vrai que le fait de parler sept langues et que je n'ai pas peur de faire des cascades, ça m'a bien aidé aussi. Alors, ce film, ce tournage? Un souvenir extraordinaire. Je sais que ça fait con de dire ça, parce que c'est ce que dit tout le monde à propos de tous les films. Mais là, je jure que c'est la vérité. Je souhaite à tous les comédiens qu'il leur arrive une telle aventure. Ce rôle, c'est le rêve de tous les gamins du monde. Vous vous rendez compte? Avoir le droit de monter sur le toit d'un bus à Hong-Kong, baisser la tête pour passer sous un pont, et être toujours sur le toit du bus, tous les gosses du monde ont rêvé de faire ça. Eh bien moi, je l'ai fait! Gagnez dix places pour le spectacle de Tomer Sisley: Rendez-vous ce mercredi 20 février, à partir de 17h, dans notre rubrique Concours
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