| A Grenoble beaucoup de bulles, parfois du champagne |
À défaut d’une politique culturelle BD, l’agglomération ne manque ni d’auteurs ni d’amateurs. Elle a deux maisons d’édition, des dessinateurs reconnus, un joli réseau de libraires et plein de jeunes qui maintiennent la tradition fanzine. ![]() Ils sont un groupe de musiciens, dessinateurs, écrivains... et ils viennent de sortir leur premier fanzine baptisé Action Grasse...Photo Henri PORCHIER Les BDphiles, lorsqu’ils sont assez vieux pour l’avoir vécu, ont des étoiles dans les yeux. Soupir, sourire… "Un truc de fous. Carignon (prédécesseur du maire actuel) avait un côté flambeur sur fond de compétition avec Angoulême. En 1989 et 1990, un festival européen de la BD: tous les grands Japonais, les Belges, les Américains… énorme". Comme le budget: "750 000 €… officiellement", se dit-il. Bien loin des 25 000 € (dont 6 000 € de subvention de la Ville de Grenoble) aux «Cinq jours de la BD» qui ouvrent ses portes demain à Alpexpo. Tant pis, cela n’empêche pas la BD d’exister. Et Grenoble, finalement, c’est beaucoup de bulles, parfois du champagne. L’éditeur Glénat, grenoblois, s’installe dans l’ex-théâtre du Rio. "Dommage que l’occasion n’ait pas été saisie par les pouvoirs publics pour négocier un lieu où les dessinateurs auraient pu se retrouver, travailler ensemble", regrette le dessinateur Mael (voir ci-contre). "Nous ne sommes pas une communauté au sens strict" Tant pis, la BD à Grenoble est vigoureuse même si "nous ne sommes pas une communauté au sens strict et s’il manque une dynamique culturelle. Certains se connaissent, se croisent", enchaîne Mael. Dans cette famille éparpillée aux mille coins de la ville, les grands frères ont trouvé éditeurs. Les petits jeunes entrent en scène fanzine sous le bras, comme leurs aînés avant eux. Le fanzine, publication plus ou moins bricolée entre amis… "Cela peut être un point de départ. J’ai fait trois numéros d’un fanzine qui s’appelait «Mister Green». Cela sert à se faire plaisir, à se mettre des contraintes de délais. Après, il faut durer", récapitule Tommy Redolfi (notre couverture) qui a depuis trouvé éditeur. "Cela fait du bien de se réunir et de construire", explique Sarah Dujardin qui montrait au monde, la semaine dernière, un fanzine nouveau-né baptisé «Action Grasse». Il rejoint «Fun’en Bulles», qui s’obstine depuis des années à ne pas disparaître et qui est à retrouver aux «Cinq jours de la BD». "J’ai eu deux fanzines. C’est un moyen sûr de se publier soi-même, de se diffuser, se faire connaître, trouver du public. C’est aussi faire de la micro-édition, donc s’occuper de son travail de A à Z", explique BSK de son bureau du cours Berriat. Et c’est finalement une maison d’édition héritière d’un fanzine récompensé par le festival d’Angoulême qui l’a publié (Edition Groinge). Mais BSK dit aussi: "En une dizaine d’années, le coût d’un livre a vraiment diminué. Avec 1 500 € on sort 800 exemplaires d’un album en noir et blanc. Et les blogs permettent à beaucoup de jeunes auteurs de se passer du support papier".
Tommy Redolfi: «La perspective Nevsky» Édition Paquet, «Viktor» Édition La Boîte à Bulles. http://tommyredolfi•free•fr BSK: «Dans ma ville» Édition PLG, «Journal de Benoît» Édition Groinge. http://20six•fr/my-comix-life
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