Mosquito le petit et Glénat le grand : petit zoom sur ces deux éditeurs grenoblois de BD.
Mosquito, robuste petite bête
Des albums magnifiques et comme une envie de faire vivre la BD à Grenoble Michel Jans, leader de Mosquito, modeste et ambitieuse maison d’édition grenobloise, est gentiment abrupt. “Ce n’est pas parce que vous savez écrire avec un stylo que vous savez écrire avec un style”. La version BD ? “Ce n’est pas parce que vous dessinez petit que vous êtes Zep quand vous êtes grand”. Seconde précision : “Quelquefois, le trait peut paraître techniquement simple. La différence, c’est le propos, ce que l’on a à dire. Fondamentalement, la BD, c’est l’art de raconter des histoires, ce n’est pas aligner des dessins plus ou moins virtuoses”. Sa maison d’édition, pourtant, aime les dessins virtuoses : Toppi, Zezelj, Micheluzzi, Baggi... Elle ne rechigne pas non plus aux monographies ultra-documentées : Loisel, Lepage, Battaglia, Conrad... Mieux encore, la robuste petit bête née en 1989 d’un fanzine qui, après une petite dizaine d’année de parution, “avait envie de s’améliorer”. Mosquito est né de ce fanzine qui lui-même était porté par l’association d’amoureux de BD Dauphylactères. Mosquito et la maison d’édition cheminent toujours côte-à-côte, en première ligne quand il s’agit d’organiser les “Cinq jours de la BD de Grenoble”. Nous en sommes à la 17e édition et “cela permet un contact très fort avec notre public à qui nous présentons notre travail. c’est aussi un moment de contact privilégié avec les auteurs”. A tel point que naissent ici des idées d’albums. A tel point que les auteurs de BD qui acceptent de venir sont souvent ceux avec qui Mosquito a “copiné”, dit joliment son leader. Et Glénat, le grand Créée par Jacques Glénat en 1972, la maison d’édition grenobloise s’est vite imposée au niveau national. Et c’est chez lui que les plus grands auteurs de BD ont signé…
La société a aussi dévoré un à un ses concurrents: Vents d’Ouest, en BD, peut-être le plus notable, Libris, ou encore le fonds bandes dessinées issu de la Sefam/Albin Michel. Mais Glénat a aussi assuré son succès par le flair de son créateur, qui a su surfer sur la vague manga. Dans un premier temps «Akira», qu’il ramène du Japon, puis «Dragon Ball», ont fait les belles heures du groupe. Glénat est aujourd’hui le premier éditeur de mangas en France avec 35% de parts de marché, et quelques séries mythiques (Gunmm, Appleseed, Ghost in the Shell, Kenshin, Nausicaä, One Piece, Bleach). A Grenoble, Glénat ouvrira son nouveau siège social courant 2008 dans les murs du Couvent Sainte-Cécile. Avec “une bibliothèque semi-publique”...
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