| Trois dessinateurs qui ont trouvé éditeurs |
Cela fait des décennies que Grenoble peuple d'auteurs l'univers de la BD. Cambon, Laurent Verron (Boule et Bill), Tommy Redolfi, Delaporte... Mais c'est à la découverte et trois autres Grenoblois que vous êtes ici invité : Mael, Bouss et Nicolas Kéramidas. Mael, 32 ans
"Ce dessin n’est jamais paru mais il a des caractéristiques que j’ai développées dans mon travail pour les albums BD. Le cadrage, c’est cette façon d’être prêt du personnage en laissant du champ. Le temps d’exécution est volontairement rapide, en évitant de trop revenir sur le dessin même s’il y a des accidents. C’est un peu parce qu’en BD, il faut répéter souvent le même personnage et que l’on a une obligation de clarté. Malgré cela, beaucoup de dessinateurs laissent une place au hasard pour retrouver une vibration. Le sujet de ce dessin est très mélancolique. Jusqu’à présent, j’ai dessiné différents types de récit mais le personnage central est toujours torturé, fragile, avec une sorte de dérive psychologique. Je dessine de manière très traditionnelle: esquisse au crayon, un vague croquis plus ou moins précis sur lequel je passe de l’encre de Chine à la plume pour aboutir à un trait plus définitif. Pour ce dessin, je l’ai mis en valeurs (le noir, le blanc, l’intensité des gris) en utilisant photoshop pour importer une matière qui vient remplir le rôle d’un à-plat de couleur. Sinon, le plus souvent j’utilise la mise en couleurs à l’aquarelle, directement sur la feuille. La troisième technique, c’est quand je ne fais pas moi-même la mise en couleur: j’utilise un pinceau et l’encre de Chine pour poser des à-plats de noir". Ses deux derniers albums: «Les rêves de Milton», Éditions Dupuis et «Dans la colonie pénitentiaire», Éditions Delcourt.
Bouss, 26 ans
"Comme l’immense majorité des dessinateurs, j’aime créer des univers, avec seulement l’imagination comme limite. J’ai toujours créé des univers fantastiques. J’aime créer des mondes. Mon dessin est assez fouillé, avec beaucoup de détails. C’est parce que j’aime que le lecteur passe du temps à regarder. Je crayonne puis j’encre et je travaille sur une page A3, deux foix plus grande que le format des planches. Puis je mets les couleurs à l’ordi. Pour les couleurs, je n’ai pas de palette privilégiée. C’est vraiment en fonction de l’histoire que je raconte". Lire les trois albums d’Ascension, Éditions Le Cycliste. Bouss a un blog
Nicolas Kéramidas, 35 ans
"C’est un auto-portrait! Depuis toujours, je me représente sous la forme d’un petit cochon. Ici, un papier à gros grain, un crayon très gras… Cela amène plein d’accidents, permet des ombrages, un travail doux. J’essaie de changer de technique à chaque série parce que je ne veux pas refaire ce que j’ai déjà fait. Cela varie les plaisirs. Plusieurs crayonnés les uns après les autres pour les cinq albums de Luuna (Édition Soleil). Puis quelque chose de plus jeté, plus lâché avec un seul crayonné sur un papier machine pour «Le grimoire de l’inventeur» (Édition Delcourt). Là, pour la série sur laquelle je travaille (Pykko à paraître chez Soleil), je travaille sur un story board, puis un crayonné bleu et je n’encre pas". Nicolas Kéramidas a un blog
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