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L’adolescence, le premier âge sombre |
 Photo Henri Porchier Période de questionnement, l’adolescence est un âge au cours duquel un certain nombre de garçons et filles s’intéressent à la culture gothique.
"Un jour j’ai lu dans un journal un article intitulé «Que faire si votre enfant devient gothique ?» A un moment, il était écrit «Emmenez-le chez un psy». J’ai halluciné…" Dans son salon de coiffure, Cathy voit de temps à autre des parents lui confier que leur fils ou leur fille a adopté un look gothique. Lui avouer leur inquiétude aussi, face à une culture dont ils n’ont souvent qu’une vue partielle… et partiale. "Je leur explique alors qu’il n’y a pas de quoi paniquer. Les gothiques ne s’habillent pas en noir pour faire peur. Il ne faut pas non plus croire que l’on devient dépressif en côtoyant d’autres goths". Si certains jeunes s’intéressent à ce courant mélancolico-romantique, c’est peut-être parce que l’adolescence est souvent une période difficile, où l’on ne sait pas vraiment où l’on va et ce que l’on va devenir. "Certains parlent de crise à cet âge-là, on s’interroge beaucoup sur le sens de la vie, raconte Aymeric. Et c’est parfois rassurant de se retrouver dans un groupe où, à défaut d’avoir des réponses, on se pose les mêmes questions". Pour un certain nombre cependant, il ne s’agit que d’une passade. Les ados sont attirés par le look et ne cherchent pas en savoir plus. "On en voit passer pas mal, pour qui c’est sans doute une façon de faire face à la tristesse, mais qui ont une approche assez superficielle de la question", confirme Cathy, sans pour autant porter de jugement. Quant à ceux qui redoutent de voir leur enfant s’enfoncer dans la spirale de la déprime, Aymeric répond que "l’essentiel, c’est de toujours dialoguer. Et cela, que l’on soit ou non gothique".
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