| Vente directe : la campagne continue |
Un chou, une betterave, un céleri rave, des pommes-de-terre, des carottes... Bref, un panier ! Un panier de légumes d’ici, de saison, livré chaque mercredi soir à la grenobloise Bifurk. Le citadin-consommateur mangera ce que l’agriculteur a mis dans le panier. Même pas d’asperges en avril. Pas la plus petite fraise avant l’été et il faudra, si le printemps se met à la pluie, attendre pour les tomates. Ce qui n’empêche nullement le consommateur de raconter son bonheur d’avoir (re)découvert le goût du céleri branche, sa joie de discuter en direct -et plus si affinités- avec celui qui le fait pousser. Une tentative de changer le monde Bienvenue à l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), nouvelle manière de consommer, savoureuse tentative de changer le monde en commençant par les rapports entre producteurs agricoles et consommateurs. Inventée par l’Alliance Paysans Écologistes et Consommateurs (PEC), une Amap est un groupe de consommateurs. Ils contractualisent avec un ou des producteurs à qui ils achètent (et pré-paient selon des rythmes divers) le contenu d’un "panier" hebdomadaire à récupérer au lieu, jour et l’heure dits. Le prix de ce panier est également convenu à l’avance, toute évolution de ce prix, comme le contenu du panier d’ailleurs, pouvant faire l’objet de discussion dans le groupe et avec le(s) producteur(s). Dans le respect du cycle des saisons et d’une rémunération décente du producteur qui s’assure ainsi un revenu sûr et gère sans déchet sa production, du semis à la récolte. En résumé, du marché équitable bien de chez nous. Une croissance exponentielle Et cela marche de mieux en mieux. Une paille au regard des files actives des supermarchés mais des listes d’attente longues comme un jour sans pain, par la seule grâce du bouche-à-oreille. Mais une croissance devenue exponentielles en 2007. Comme si les crises sanitaires (ESB, fièvre porcine, grippe aviaire), les alertes pollution et les infos sur les dégâts des pesticides avaient dopé l’envie de consommer autrement. La première Amap a été créée à Grenoble voici 4 ans. La 43e iséroise est en cours de formalisation à Grenoble, chacune comptant entre 30 et 60 familles. Manque de producteurs "Mais nous manquons cruellement de producteurs. Les Isérois ne produisent pas plus de 10% de ce qu’ils mangent. Nos terres agricoles sont encombrées de productions qui ne servent à rien en Isère. Quand vous pensez que pour trouver des pommes bio, nous allons en Savoie…", explique-t-on du côté du Grésivaudan. Non pas que l’Amapien ne jure que par le bio. Mais il y tend et l’Alliance veille à ce que le producteur respecte au moins le cahier des charges de l’agriculture paysanne. Quant au consommateur, il est bienvenu sur la ferme où il comprend comment pousse le cardon, grandit le porc, se cuit le pâté...
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Las de pousser le chariot du supermarché ? Emprunter les circuits courts producteurs-consommateurs promet quelques plaisirs, plus gustatifs que financiers. Ajoutez la satisfaction intellectuelle d’acheter et manger autrement. Visite dans une Amap, temple de l’alter-consommation et virée de fermes en marchés.













