| Nikodem et Nessé, regards croisés |
![]() Photo Henri Porchier
Nikodem annonce la couleur: "Je suis peintre, illustrateur, graphiste". Sa première bombe aérosol, c’était en 2001, pas très tôt dans sa vie d’artiste. La bombe, le pochoir, l’adhésif et puis la sérigraphie. Sans oublier le pinceau et l’acrylique qui va avec. Sans négliger l’ordi... Des tagueurs, le Grenoblois, ex-élève de l’école lyonnaise de dessin Emile Cohl, dit simplement qu’il n’appartient pas à leur monde mais que "l’intéressant, avec le mouvement du tag, est qu’il a replacé la rue comme espace d’expression. 90 % de ceux qui font des tags se mettent au graff, aux fresques". Rendu sans ergoter par celui qui s’inscrit dans "la vague de ceux qui arrivent des écoles d’art et qui s’intéressent à la rue", l’hommage n’est pas mince. D’autant que l’artiste souligne ce que serait son inquiétude "si les murs ne disaient rien". Nikodem, qui varie les techniques et les supports, aime aussi faire parler les murs. Autorisations obtenues, commandes... Il a appartenu au collectif grenoblois «Force urbaine» disparu en 2004. Il est aujourd’hui membre du collectif Utopia établi au bout du cours Berriat dans une maison louée par la Ville. Quant à la bannière qu’il déploie, elle claque et peut énerver: "Je ne suis pas un militant au sens politique. Ce que je transmets, c’est ce que peuvent transmettre les arts plastiques". Pour découvrir Nikodem: http://www.nkdm.com/ et profile.myspace.com/nkdm La fresque qui n’est pas un graff
Il est des graffeurs et encore plus des tagueurs pour ne plus aimer sa production actuelle. Mais Nessé, alias Jérôme Favre, est plutôt respecté dans cet univers où il s’est fait un nom voici une bonne dizaine d’années. Il le dit lui-même: "Mon école n’a pas été les beaux-arts mais les quais de l’Isère". ![]() Photo Henri Porchier L’une de ses plus éclatantes manifestations de couleurs, appréciée dans le quartier, est le marché de l’estacade à Grenoble: "Je suis du quartier et c’était un rêve. Le seul aspect commun entre la fresque et le graff en général est l’existence d’un message. Ici, il s’agit de mettre en valeur le marché en allant de la campagne à la ville via la ligne de chemin de fer Veynes-Grenoble, celle qui passe sur le pont. Le projet se réalise par tranche".
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