L’été il fait chaud, alors le citadin qui étouffe n’a qu’une issue: se rapprocher de l’eau. Résultat: à Grenoble et un peu plus loin, les piscines municipales et les lacs sont pris d’assaut. Mais ceux qui savent bien chercher trouvent, encore, des petits coins de paradis.

La cuvette grenobloise pose un petit problème au mois de juillet : les gens cuisent. Les raisons ? En schématisant un brin, disons “air stagnant”, “pollution” et “points d’eau limités”. L’été, les piscines Jean-Bron et Les Dauphins sont prises d’assaut, comme celles de l’agglo. Le lac de la Villeneuve ? Baignade interdite. Reste alors l’idée d’aller voir plus loin si elle est bonne. Mais arrivé à Paladru, vous vous rendrez vite compte que… tout le monde a eu la même idée que vous. La solution est apportée par les canyoneurs, qui ont l’avantage de connaître les torrents de montagne comme leur poche. Sur les quelque 80 spots de canyoning que compte l’Isère, “50 % sont pourris, 50 % sont exploitables”, avance un pratiquant. Concernant ces derniers, “les trois quarts environ nécessitent un équipement spécialisé” et ne sont donc accessibles qu’aux chevronnés. Grand public, s’abstenir. Reste une dizaine de sites. Là, en remontant les torrents, on découvre un autre univers. A flanc de Chartreuse, un peu après Saint-Hilaire-du Touvet, l’Alloix descend la montagne en prenant le chemin le plus rapide. Le cours d’eau vif plonge de la roche en cascades successives, en formant quelques toboggans calcaires et, surtout, de jolies vasques baignables. De ces piscines naturelles à l’eau claire, on ne regrette ni la fraîcheur ni le manque d’abords confortables (pour s’allonger et bronzer) : c’est un gage de qualité qui signifie que le coin est sauvage, tranquille. Et l’eau pure. Désigné volontaire, notre stagiaire, le première classe Rognon, a fait plouf pour vous. Il en ressort “revigoré”, comme on dit quand on se les gèle, mais “content”. Bon plan validé. Plus près encore, dans l’agglomération, les habitués du canyoning connaissent les gorges du Furon, à Sassenage, qui remontent le Vercors en étant surveillées par le Château du même nom que la ville. Il est facile à trouver, il suffit, en fait, de suivre le chemin des fameuses cuves. Se garer sur le parking. Et emprunter le sentier qui monte. Après la billetterie, celui-ci continue le long du torrent impétueux. Impossible de se rafraîchir ici : beaucoup trop dangereux. Mais, prévient notre canyoneur, “sur la partie haute de la partie basse” du spot, “après une arche” en pierre qui traverse l’eau, le torrent est plus sage. Le dénivelé est faible, et le Furon s’écoule paisiblement en formant ici aussi quelques points baignables peu profonds. Moins charmant que le précédent site visité, beaucoup moins sauvage. Mais ces gorges ont l’avantage d’être à portée de maillot de bain. Redésigné volontaire, notre stagiaire se jette à l’eau. C’est “plus froid et on n’a pas la place de faire trois brasses”. Mais “c’est pas mal quand même”. Ça rafraîchit quand il fait chaud. C’est le principal. “Pas loin de Grenoble, il existe deux ou trois autres sites”, conclut le canyoneur. “Les gorges du Bruyant”, entre Sassenage et Lans-en-Vercors, “ou les gorges du Guiers Vif”. Regard résigné du stagiaire: il va falloir replonger. Et en cadeau une petite vidéo des coins visités:
Si vous préférez la piscine: voici les tarifs et les horaires (cliquez ici)
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