| Phénix, loin de la world industry |
![]() Photo Henri PORCHIER
L'été, il fabrique des snowboards, des skis et des kites sous la marque Phénix. Du sur-mesure, s'il vous plaît : "Le client peut choisir : tel placage, tel rigidité, tel largeur, tel angle par rapport au pied...". Environ 900 € le swallow en carbone, 720 € bois. Pour de l'artisanal, évidemment : "frêne pour le noyau, noyer pour le placage". Parce que l'on ne contribue pas à la bousille de l'environnement en utilisant des bois exotiques. Sa différence avec les autres artisans ? Aucune, dit-il, tranquille. "Chaque marque a son toucher de neige". Il préfère faire la différence avec la world industry, celle qu'il n'aime pas. Enveloppe solo Au point d'avoir pris la fuite chaque fois qu'il l'a rencontrée. Tout a commencé par une embauche chez Freesurf (Nord-Isère), qui fut, avant de fermer ses portes, le plus ancien fabricant d'Europe. Sableur, mouleur, chef d'équipe... "Cela a fini par tourner à la world industry. Je ne m'épanouissais plus". Le voilà dans son garage, à l'oeuvre sur des protos. Voici Bohème, sa première marque. L'un des héritiers des sirops Teisseire la rachète. "J'ai vite compris" et cela ne lui a pas plu. Sébastien Perret avait déposé à l'INPI (institut national de la propriété intellectuelle) une "enveloppe solo" : il peut continuer à fabriquer ses modèles. Voici l'entreprise nouvelle : Phénix. "Les mecs, ils gambergent" Il fabrique à Cluses, parce qu'il a trouvé là un bout d'atelier à partager. Il préfèrerait, lui le "Grenoblois pur sucre" le faire à Grenoble ou à Domène où il réside actuellement. "Je vais déposer des dossiers dans les mairies. J'ai besoin d'un petit espace". Besoin d'un petit espace et envie de partager, ne serait-ce que parce qu'il rage de voir les grandes marques françaises devenir étrangères et disparaître du paysage productif du pays, laissant mourir les savoir-faire. Consolation : "Il y en a plein qui se remettent à fabriquer leurs skis, leurs snows. Les mecs, ils gambergent. Il y a beaucoup d'ingé ; ils se démerdent". Et peuvent toujours passer un coup de fil à Sébastien Perret. Drôle de fabricant qui partage ses savoir-faire ? "Il y en aura toujours qui ne voudront pas s'enquiquiner à fabriquer".
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