| Snowpark, piste d’envol |
Le paradis des snowboards s’abîme le jour, se répare la nuit. A la pelle, à la machine, le shaper entretient l’espace et l’ambiance. Un paradis que rien, même pas la foule venue d’ailleurs, ne peut gâcher… sous réserve d’user de quelques ruses. L'exemple aux Sept-Laux.
Il aime construire, conduire la machine, être en montagne. Il aime l’innovation et sculpter la neige. Plus que tout, il aime… la montagne et le dira autant de fois qu’il le pourra. Jean-Philippe Catalan est un shaper en chef, responsable des Sept-Laux pour la société HO5 à qui la station a confié ses espaces snowboard. En retour, HO5 a fait des Sept-Laux son labo. Ce que le shaper adore bâtir a pour noms half pipe, snowpark, jib zone, border cross… "Au début, on vient repérer l’été. Eventuellement, le relief est amélioré. Pas de création de volumes réels mais des ruptures de pente". "C'est le moment de penser" L’atelier dessin suit. Papier et crayon en se souvenant qu’un "bon snowpark a le plus d’enchaînements possibles de bosses. Pas une à droite, une à gauche". C’est le moment de penser "en suivant l’actualité, en essayant de proposer des choses nouvelles. Ce n’est pas un monde très grand, le freestyle. Dans l’industrie de la glisse en France et en Europe, on se connaît". Des choses nouvelles ? Des bosses… une énorme pour rester un maximum de temps en l’air, a un jour tenté HO5 : "Un grop hip, 12#m de haut. Des hand rails originaux…" Il y a aussi la très tendance table à butter ou le très écolo hand trail en bois pour enjamber la cabane du parc des Sept-Laux. "Dès les premières neiges, il faut préparer la zone en chenillant au moment des températures les plus basses pour faire entrer le froid dans la neige et ainsi préparer la sous-couche. C’est important pour la pérennité du parc. Nous essayons d’avoir un minimum de 20 à 30 cm".
"Faire rêver et, à la fin, vendre des forfaits" Quand vient le temps de la sculpture du parc, "souvent on fait plus que ce que l’on avait prévu". En veillant de près à la sécurité : "par exemple, pour nous, la réception doit faire une fois et demie la longueur du plat du survol". Confidence : le shaper aime modifier l’espace mais c’est à l’heure des "photo shoot", rendez-vous des photographes, qu’il se met la pression. "C’est la recherche de la belle image, du beau coucher de soleil sur un beau cône… Pour faire rêver et, à la fin, vendre des forfaits". Vendre des forfaits au public le plus large parce que le snow n’est plus l’affaire d’une tribu et que les exigences n’en finissent pas de grandir. "Etre sympa et ferme" "Il faut être sympa et ferme. Expliquer comment prendre les bosses si nécessaire, orienter les gens", dit Jean-Philippe Catalan. Puis empoigner la pelle pour boucher un trou, ramener de la neige. Enfin, le soir venu, juger des dégâts provoqués par belle journée et ses 4 000 snowboarders. "On évalue la soirée en fonction de l’usure et… c’est parti. Il faut 6 à 8 heures pour le sortir propre". Une heure de machine coûte 150 €. Beaucoup plus cher que le shaper et sa pelle qui culmine un peu au dessus du Smic en début de carrière. Shaper qui, le matin revenu, reprend sa pelle, fignole les impulsions, place les filets et avertit le service des pistes : le snow est prêt.
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Le paradis des snowboards s’abîme le jour, se répare la nuit. A la pelle, à la machine, le shaper entretient l’espace et l’ambiance. Un paradis que rien, même pas la foule venue d’ailleurs, ne peut gâcher… sous réserve d’user de quelques ruses. L'exemple aux Sept-Laux.



















