| Gros plan sur la pollution aux particules |
L’atmosphère polluée, ce n’est plus seulement l’été. L’hiver, des particules de toutes sortes flottent dans l’air de l’agglo et pénètrent l’appareil respiratoire. Avec l’amélioration des connaissances et la modification des normes, de nouvelles alertes à la pollution sont déclenchées... La vitesse limitée à 70 km/h, le souffle court pour certains, pendant les plus beaux jours: un classique à Grenoble avec les épisodes de pollution à l’ozone. La pollution d’été pourrait-on dire, directement imputable aux fortes chaleurs. Or, si juin, juillet et août ne sont plus qu’un lointain souvenir, cet hiver, il y a toujours des soucis dans l’air pour l’agglo. Comme pendant plusieurs jours ce mois-ci, lorsqu’une accumulation de particules fines dans l’atmosphère a entraîné le déclenchement du dispositif préfectoral d’alerte.
En cause: l’absence de vent et l’augmentation de l’activité de chauffage, génératrice de particules en suspension dans l’air, tout comme les véhicules diesel et la combustion de végétaux. Des polluants divers mais pas seulement d’hiver, que l’on respire chaque jour et qui constituent un véritable enjeu de santé publique. "A partir de l’étude d’impact de la qualité de l’air grenoblois 2006, il a été comptabilisé 150 cas de mortalité anticipée à long terme, explique Marie-Blanche Personnaz, directrice de l’Ascoparg (Association pour la contrôle et la prévention de l’air dans la région grenobloise), qui étudie la qualité de l’air grenoblois. La moitié est liée à la pollution et aux particules en suspension". De quoi s’agit-il ? "D’éléments solides dans l’atmosphère de très petite taille. Lorsqu’ils font moins de 10 microns de diamètre, ils pénètrent dans l’appareil respiratoire". Ce qui n’est pas sans conséquence pour les personnes atteintes de déficiences… et les plus jeunes. "L’organisme se protège contre ces particules à partir du moment où il est bien formé. Si un enfant subit beaucoup d’agressions de ce type alors qu’il a entre deux et six ans, il peut devenir déficient respiratoire". Irritations, bronchite chronique, peuvent l’affecter tandis que le cœur est beaucoup plus sollicité. "Une directive européenne est en cours de préparation pour introduire une valeur contraignante sur les particules de moins de 2,5 microns de diamètre, car elles entrent directement dans le sang". Surtout, ces particules fixent d’autres molécules évoluant dans l’environnement, notamment les composés organiques volatils et les Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Des mots compliqués, mais qui vont de pair avec un autre terme, plus tristement connu: cancer. "L’amélioration des connaissances sur les particules fines et très fines est continue sur l’agglo, notamment parce que les sources d’émission varient et continuent à varier. Un dispositif d’alerte est en place depuis plus deux ans en Isère". Actuellement, les valeurs qui ont cours dans le cadre du dispositif préfectoral à la pollution atmosphérique sur Rhône-Alpes sont de 80 microgrammes par m³ pour le seuil d’information et de 125 microgrammes/m³ pour le seuil d’alerte. Mais la France a complètement rénové son dispositif de mesure, ce qui permet de prendre en compte ce que l’on appelle la fraction volatile des particules… "et multiplie la valeur journalière de ces polluants par un coefficient allant de 1,2 à 2", conclut Mme Personnaz. En clair: l’air n’est pas forcément plus pollué cet hiver, mais on connaît mieux le taux de pollution.
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"150 cas de mortalité anticipée à long terme, la moitié liée aux particules"












