| Cet été, terrasses et caissons feront un tabac |
![]() Photo Henri Porchier L’été, sur les terrasses, sera chaud. "Déjà, cela rouspète un peu. On ne peut plus fumer à l’intérieur. Si on ne peut plus à l’extérieur, on fait quoi ? On raccroche et on meurt ? Non mais, ils demandent aux voitures d’arrêter de fumer ? Maintenant, va falloir calculer le sens du vent". Pas au Centenaire (place notre-Dame), en tous les cas, où le patron Nasseer Soltani ne laisse pas, jours ensoleillés ou pas, les non-fumeurs faire la loi sur sa terrasse. Car ils prennent de l’assurance, les non-fumeurs. "Mais il n’y a pas de loi interdisant aux gens de fumer à l’extérieur ! Les non-fumeurs peuvent quand même s’adapter aux fumeurs... à l’extérieur", remarque Mathias Rochas, au Sporting (place Grenette). Mais, au final, tous les patrons gèrent les (petits) conflits en se disant que la vie n’est pas simple. Ils ont fait bien des efforts déjà, histoire d’externaliser les fumeurs sans les renvoyer dans les foyers. Des auvents, des parasols, des chauffages électriques, au propane... "En amont de l’interdiction de fumer à l’intérieur (intervenu le 1er janvier dernier), je suis allé en Norvège où les terrasses marchent drôlement bien puis je suis passé à Paris voir les aménagements des grands établissements", raconte Christophe Vigouroux, du Palais (place Victor-Hugo). Et alors ? Un gros investissement qui devrait être amorti en "sept ou huit ans" et "Je n’ai rien gagné mais je n’ai rien perdu". Externaliser les fumeurs sans les renvoyer dans les foyers Un investissement que nombre de ses collègues ont également consenti. À tel point que la mairie projette de réfléchir aux normes à instaurer pour ces terrasses couvertes. "Ce n’est pas très compliqué, tous les paravents, sur le domaine public, sont illégaux", résume Alain Pilaud, l’adjoint en charge de la voirie. Ou au moins pas prévu, précise-t-il. ![]() Photo Jean-Louis Marzocca "Dommage qu’ils n’installent pas de cendrier dehors", glisse Hervé, le patron du Buffet de la Gare (routière) qui lutte contre la vie chère et la baisse du chiffre d’affaires en vendant son café à prix défiant la concurrence (lire par ailleurs). "Ils", en l’occurrence la mairie, a installé des cendriers, place de Gordes, et attend de voir ce que cela donne pour étendre l’expérience. Elle a aussi tenté le commando de nuit et de charme devant les boîtes pour persuader les fumeurs de la jouer mezzo vocce. Ce sera donc le double challenge de l’été: obtenir des non-fumeurs qu’ils n’entament pas la bataille des terrasses et des non-fumeurs qu’ils... se taisent !
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